Au pouvoir depuis plus d'un an et demi, les Taliban n'ont cessé de multiplier, au fil des mois, les lois restreignant les droits des femmes en Afghanistan. Après avoir été exclues de l'espace public, les Afghanes n’ont désormais plus accès à l’éducation après le collège. Les Taliban leur ont aussi interdit de travailler pour les ONG et l'ONU. France 24 revient sur le sujet avec ses invités du jour et dans une série de reportages.
Vingt mois après l’arrivée des Taliban au pouvoir, les femmes afghanes sont privées de leurs droits à l'éducation. Le lycée et l'université leur sont interdits. Le seul moyen pour elles de continuer à étudier : dans des écoles clandestines qui se sont multipliées à travers le pays, ou à domicile mais dans des conditions extrêmement difficiles en raison des mauvaises connexions internet. Reportage de Shahzaib Wahlah en Afghanistan auprès de l'une de ses élèves acharnées.
Conséquence de ces interdictions, des milliers de familles ont fui l'Afghanistan pour pouvoir offrir une éducation à leurs enfants. Loin d’être un lieu d’asile idéal, le Pakistan n’offrant pas de réelles perspectives d’emploi et d’intégration, c’est pourtant dans ce pays que de nombreuses familles afghanes se sont installées. La correspondante de France 24 Sonia Ghezali donne la parole à ces jeunes élèves afghanes réfugiées au Pakistan.
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Depuis décembre 2022, les femmes humanitaires sont également exclues de leur travail dans les ONG, avec des exceptions dans les domaines de la santé et de l’éducation. Elles doivent toutefois respecter des règles précises sur le port du hijab et le fait d’être accompagnées par un chaperon masculin lors des déplacements, même professionnels.
Pour une ONG comme Care, où 40 % des équipes sont féminines, le fonctionnement devient très compliqué, témoigne sur France 24 Mélissa Cornet, conseillère en plaidoyer humanitaire chez Care International. "On se retrouve dans une situation où on a du mal à soutenir les femmes et les filles bénéficiaires pour lesquelles nous mettons en œuvre nos projets", alerte-t-elle.
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Rejetées en marge de l'espace public, les Afghanes rencontrent aussi de graves difficultés pour se soigner, car depuis la prise de pouvoir des Taliban, les femmes ne peuvent presque plus exercer la médecine. Elles étaient les seules à pouvoir prodiguer les soins à d'autres femmes. Celles qui travaillent encore doivent systématiquement être accompagnées d'un homme de leur famille. France 24 est allée à la rencontre des soignants et des patientes du service de gynécologie de l'hôpital de Chahrikar, dans la province du Parwan, au nord de Kaboul.
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