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À la une de la presse, ce mardi 4 octobre, la poursuite du mouvement de contestation en Iran, où le Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, a réagi hier pour la première fois à ce qu'il qualifie d’"émeutes". La révolte des conservateurs britanniques contre la Première ministre Liz Truss et son ministre des Finances Kwasi Karteng. Des poursuites judiciaires engagées, en France, contre le ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti. Et la tendance, décidément lancée pour l'hiver, du col roulé.

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À la une de la presse de ce mardi 4 octobre, la poursuite du mouvement de contestation en Iran, où le Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, a réagi hier pour la première fois à ce qu'il qualifie d’"émeutes".

Comme à son habitude, le dirigeant iranien accuse Israël et les États-Unis, les ennemis jurés du régime, d'avoir fomenté le mouvement de révolte déclenché par la mort de Mahsa Amini, il y a trois semaines. Des accusations dûment relayées la presse officielle, dont le Iran Daily, qui montre le Guide suprême entouré d’officiers lors d’une cérémonie de l’armée, hier à Téhéran. Une démonstration de force, de la part d’un pouvoir qui redouble de violence, comme en témoignent les images largement diffusées, depuis dimanche soir, par les réseaux sociaux et la presse internationale, dont Middle East Eye, de la répression qui a ciblé les étudiants de la prestigieuse université Sharif, pourchassés, visés par des tirs, et embarqués par la police. Les jeunes sont toujours aux avant-postes de la contestation mais selon la sociologue Azadeh Kian, interrogée par Le Parisien/Aujourd’hui en France, «la révolte (serait) en train de s’étendre à d’autres groupes sociaux, de gagner d’autres parties du pays, au sud», les femmes continuant d’occuper «une place centrale» dans le mouvement. Les Iraniennes, auxquelles les dessinateurs de presse du monde entier rendent hommage, le Marocain Imad Sanouni, avec un dessin où les cheveux de l’une d’entre elles se transforment en marteau, détruisant une statue d’Ali Khamenei. Le Guide suprême, représenté en bouteille enfermant les Iraniennes et leurs droits, dans un dessin du Jordanien Mourad Kotkot. Les Iraniennes, encore et toujours, enfermées, dans un tchador assimilé à une prison, mais dont un bras s’échappe, brandissant la flamme de la liberté. Un dessin du Hondurien Dario Benegas, publié par le site Cartoon Movement.

Contestation également, mais beaucoup plus feutrée, au Royaume-Uni, où se tient actuellement le congrès annuel des conservateurs, en pleine fronde contre la Première ministre, Liz Truss et son ministre des Finances, Kwasi Karteng. A peine un mois après son élection, la cheffe de son gouvernement et son chancelier de l’Echiquier, affrontent une révolte telle, qu’ils ont dû revenir sur une mesure-phare de leur programme, la suppression de la plus haute tranche d’impôt, qui aurait favorisé les plus riches. Une volte-face qui ne suffit pas à rassurer leurs camarades, d’après The Guardian – qui rapporte que les Tories sont maintenant déterminés à obliger Truss et Kwarteng à renoncer à son projet de réduire les prestations sociales. Pendant ce temps, leur virage à 180 sur les impôts, provoque les moqueries de leurs détracteurs, comme en témoigne la Une du Daily Star, qui les montre à bord de la voiture jaune et rouge du pantin «Oui-Oui», «Noddy» en anglais. «The lady is for U-turning»: le tabloïd détourne une citation de feue Margaret Thatcher, la Dame de Fer, qui se faisait fort de ne jamais plier face à l’adversité, et dont Liz Truss a promis qu’elle serait la digne héritière. Les dessinateurs de presse britanniques, évidemment, n’en loupent pas une miette. «Scriiiiich», fait Kwasi Karteng, en freinant et en virant brutalement de bord dans le dessin de Christian Adams pour The London Evening Standard. Kwasi Karteng et Liz Truss, qui ont en revanche loupé leur virage dans le dessin de Morten Morland pour The Times. Le dessinateur Martin Rowson, pour The Guardian, ne croit pas, lui, au mea culpa des deux dirigeants, présentés comme «M.Humilité et Melle Contrition» - allusion à la déclaration d’hier de Kwasi Kwarteng, qui a assuré que leur volte-face était faite «avec  humilité et contrition», alors qu’ils seraient déjà, en réalité, en train d’affûter leurs couteaux pour la suite.

Quelle suite donner, en France, au renvoi du ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti, devant la Cour de Justice de la République pour prise illégale d’intérêts? Le débat agite la presse française. Le ministre de la Justice doit-il quitter le gouvernement? Eric Dupond-Moretti estime que non et Libération s’essaie au jeu de mots: «Le ministre est prévenu» - pas tout à fait encore, puisque les avocats d’Eric Dupond Moretti ont formé un pourvoi en cassation, suspensif. Le journal évoque «une situation inédite, (puisque) jamais un ministre de la Justice n’avait fait l’objet d’un renvoi devant la CJR». Inédite, ou plutôt «intenable», d’après L’Humanité, qui exige la démission immédiate d’Eric Dupond-Moretti. Cette demande est également formulée par le site d’info Mediapart, qui revient aussi sur la mise en examen du secrétaire général de l’Elysée, Alexis Kohler, pour «prise illégale d’intérêts» et «trafic d’influence», pour avoir caché ses liens familiaux avec le groupe de transport MSC - un «lundi noir pour la «République exemplaire»» vantée par le candidat Emmanuel Macron, selon Mediapart. «Coup dur pour Emmanuel Macron et journée noire pour l’exemplarité en politique», juge également le quotidien belge Le Soir.

On ne se quitte pas là-dessus. Puisqu’on parle d’Emmanuel Macron et dans un registre plus léger, le Huffington Post annonce le lancement, hier, par le président, du site internet du Conseil national pour la refondation, via une vidéo de 13 minutes, où le chef de l’Etat portait un col roulé gris anthracite, ce que n’ont évidemment pas manqué de relever les internautes mais aussi la presse, qui voit dans ce «changement de look» une façon de «sensibiliser les Français à la crise énergétique». Une tendance lancée par le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, et qui semble donc faire des émules…

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