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Au moins deux civils ont été tués, dimanche après-midi, à Kaboul, dans une explosion survenue près de la mosquée Id Gah, la deuxième plus importante de la capitale afghane.
L'Afghanistan a de nouveau été le théâtre d'un attentat sanglant. Au moins deux civils ont été tués, dimanche 3 octobre, et trois blessés dans une explosion survenue près de la mosquée Id Gah, à Kaboul, a annoncé à l'AFP le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Qari Sayed Khosti.
Un haut responsable taliban, le porte-parole du gouvernement, Zabihullah Mujahid, avait auparavant tweeté "qu'une explosion a ciblé cet après-midi un rassemblement de civils près de l'entrée de la mosquée Id Gah à Kaboul, tuant plusieurs d'entre eux".
Une prière à la mémoire de la mère de Zabihullah Mujahid, figure du mouvement islamiste, se déroulait au même moment dans cette mosquée, la deuxième la plus importante de la ville.
"Selon nos informations initiales, deux civils ont été tués et trois blessés dans l'explosion", a déclaré à l'AFP Qari Sayed Khosti.
La veille, les Taliban avaient annoncé dans un communiqué que se tiendrait dans cette même mosquée, dimanche après-midi, une prière à la mémoire de la mère de Zabihullah Mujahid.
Ahmadullah, un commerçant dont la boutique est située à proximité de la mosquée, a indiqué à l'AFP avoir "entendu le bruit d'une explosion suivi de coups de feu".
"Juste avant l'explosion les Taliban venaient de barrer la route en prévision d'une prière pour la mère de Zabihullah Mujahid à la mosquée", a ajouté ce témoin.
Le 26 août, au moins 72 personnes ont été tuées et plus de 150 blessées dans un attentat perpétré à l'aéroport de Kaboul et revendiqué par le groupe jihadiste État islamique (EI).
Sous le nom d'EI-K (État islamique Province du Khorasan), le groupe a revendiqué certaines des attaques les plus sanglantes commises ces dernières années en Afghanistan et voue une haine tenace et réciproque aux Taliban.
Manifestations interdites
Plus tôt dans la journée, les Taliban avaient organisé un premier grand rallye de la victoire dans la capitale, sur un terrain situé dans un faubourg de Kaboul.
À l'extérieur, des dizaines de gardes lourdement armés encadraient le rassemblement, tandis qu'arrivaient en pick-up les combattants talibans, accueillis sur leur passage par des banderoles en hommage au martyr, a constaté un journaliste de l'AFP.
"L'Amérique vaincue. Impossible. Impossible. Mais possible !", claironnait l'un des chants diffusés pour les accueillir, dans une rare manifestation de musique, théoriquement prohibée par le mouvement islamiste.
Environ 1 500 sympathisants du mouvement, uniquement des hommes ou des garçons, désarmés pour la majorité, avaient pris place sous des bâches d'ombrage dressées au milieu d'un terrain vide, pour écouter près de quatre heures de discours.
"C'est le jour que nous attendions", a déclaré à la tribune Khalil Haqqani, le nouveau ministre des Réfugiés qui, en 2011, avait été placé par les États-Unis sur la liste des terroristes recherchés, avec une prime de 5 millions de dollars offerte pour sa capture. Il est un éminent dirigeant du réseau de combattants taliban dit Haqqani, fondé par son frère Jalaluddin.
"Nous avons atteint notre objectif, mais cela nécessite une protection", a-t-il déclaré lors de ce rassemblement, qui s'est tenu dans la commune de Kohdaman. Son fusil appuyé contre le pupitre, il a assuré un "avenir radieux" pour le pays malgré la réprobation quasi unanime de la communauté internationale.
"Mon conseil au monde est qu'il laisse l'Afghanistan à l'Afghanistan", a-t-il conclu.
Sept semaines après la prise de pouvoir éclair des combattants islamistes, "l'Émirat islamique", le nouveau régime décrété par les Taliban, lutte pour assoir sa légitimité auprès de la population, comme du reste des nations, mais aussi à surmonter ses divisions internes.
Les Taliban ont formé, début août, un gouvernement, dirigé par Mohammad Hassan Akhund, un ancien proche collaborateur du fondateur du mouvement, le mollah Omar décédé en 2013. Tous les membres de ce cabinet sont talibans et presque tous appartiennent à l'ethnie pachtoune.
En face de ces démonstrations de force orchestrées par les Taliban, dans le pays, l'opposition civile est devenue de fait impossible en Afghanistan.
Toutes les manifestations ont été interdites par le nouveau pouvoir depuis le 8 septembre et les contrevenants sont menacés de "sévères actions légales".
Début septembre, des Taliban armés avaient dispersé des manifestations dans plusieurs villes, dont Kaboul, Faizabad et Hérat où deux personnes avaient été tuées.
À Kaboul, les quelques manifestations regroupant une poignée de femmes réclamant le droit à l'éducation ont été dispersées avec violence par des milices armées.
Avec AFP