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Interview de Meghan Markle et du prince Harry : "La pire affaire pour les Royals depuis 85 ans"

À la Une de la presse, ce mardi 9 mars, la poursuite de la répression féroce en Birmanie, où au moins trois manifestants pro-démocratie ont été tués hier par les forces de sécurité. L’ancien président brésilien Lula da Silva remis sur la selle politique par la justice. L’Italie face à la troisième vague de Covid-19. Et le dernier mélodrame en date au sein de la famille royale britannique, qui passionne la presse nationale et la presse étrangère.

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À la Une de la presse, la poursuite de la répression en Birmanie, où au moins trois manifestants ont été tués par les forces de l’ordre, au cours de la seule journée d’hier.

The Irrawady évoque une «répression féroce», qui a fait également de «nombreux blessés» et conduit à l’arrestation de «centaines de personnes». Une violence sur fond de grève générale, qui n’a pas dissuadé des centaines de milliers de Birmans de descendre dans la rue à travers tout le pays, selon le quotidien d’opposition. Les médias sont d’ailleurs de plus en plus ciblés. Myanmar Now, notamment, fait état d’un raid, hier, contre ses locaux, après que l’agence de presse a publié sur son site un édito au vitriol contre l’armée, accusée d’être une «organisation terroriste», qui recourt au meurtre pour intimider quiconque ose s’opposer à elle.

Au Brésil, la Cour suprême a estimé hier que les juges qui avaient condamné l’ancien président Lula pour corruption n’étaient pas compétents pour le faire. D’après Courrier International, qui cite la presse brésilienne, la décision du juge Edson Fachin implique que les affaires concernant l’ancien président, qui retrouve ses droits civiques et n’est plus inéligible, seront désormais examinées par un tribunal du district fédéral de Brasilia. Lula da Silva pourra donc théoriquement se présenter à la présidentielle de 2022 contre le président actuel, Jair Bolsonaro. Au Brésil, la nouvelle a fait l’effet d’une bombe et affolé les milieux d’affaires, selon o Diario do centro do mundo, qui rapporte que la Bourse de Sao Paulo a chuté de plus de 4% peu après l’annonce de la décision du juge Fachin. Le site brésilien accuse les grands médias nationaux d’avoir déjà commencé à «rouvrir le feu» sur l’ancien président – de nombreux commentateurs ayant souligné que la décision de la Cour suprême n’innocente pas pour autant Lula des faits de corruption qui lui sont reprochés.

À la Une également ce matin, un nouveau chiffre dramatique pour l’Italie, qui a annoncé hier avoir franchi le cap symbolique des 100 000 morts du Covid-19. Un an après son apparition dans la péninsule, la pandémie poursuit sa trajectoire meurtrière après avoir semblé ralentir pendant quelques semaines. D’après La Stampa, l’Italie fait face désormais à une troisième vague, qui pourrait conduire le Premier ministre Mario Draghi à verrouiller à nouveau le pays pendant un mois, pour vacciner le plus de personnes possibles tout en limitant les nouveaux cas de contamination . «À présent, il va falloir courir», annonce la version italienne du gratuit Metro, qui relègue au second plan la pandémie, pour consacrer la majeure partie de sa Une à l’affaire du siècle, que dis-je, du millénaire, le «J’accuse» de Meghan Markle contre la famille royale d’Angleterre.

L’entretien télévisé de l’actrice américaine et de son époux, le prince Harry, avec la journaliste Oprah Winfrey passionne la presse européenne. En Belgique, Le Soir se demande si «la famille royale», accusée par Meghan Markle de s’être préoccupée de la couleur de son fils Archie, si les Royals, donc, sont «racistes». Le quotidien belge se garde bien de se prononcer, mais estime que l’allégation «porte préjudice à une institution dynastique, vue par les minorités ethniques comme étant blanche, protestante, anglo-saxonne», comme «un reliquat de l’empire», «incapable d’intégrer les outsiders». Une affaire qui ne devrait toutefois pas trop ébranler «l’institution Windsor», selon Le Soir.

«La guerre est déclarée», titre Le Parisien/Aujourd’hui en France, avec une Une digne de la série Dynastie, montrant d’un côté le prince Harry et sa femme Meghan Markle, de l’autre, le prince William et Kate Middleton, et au milieu, la reine Elisabeth. À  en croire le journal, «la crise actuelle ne (devrait pas) entamer l’amour de l’Angleterre pour son iconique et nonagénaire suzeraine». En revanche, Le Parisien estime que «la couronne (risque d’) être lourde à porter pour ses héritiers». Le journal note, au passage, que la souveraine n’a guère protégé «la jeune Américaine malmenée par la presse people», comme elle l’a fait pour Andrew, son troisième fils pourtant impliqué dans le scandale sexuel Epstein.

Au Royaume-Uni, l’affaire prend la dimension d’un drame national - ou plutôt d’un mélodrame, on ne saurait dire. Pour The Daily Mirror, en tout cas, il s’agit rien moins que de «la pire crise que la famille royale ait eue à affronter depuis 85 ans», depuis l’abdication d’Édouard VIII, en 1936. Selon le tabloïd, l’interview diffusée hier est encore beaucoup plus dangereuse pour la monarchie que l’interview-choc de Lady Di, en 1995, dans laquelle la princesse de Galles avait elle aussi jeté un pavé dans la mare en rendant publiques les frasques de son mari, le prince Charles.

«Mais qu’ont-ils fait?». Comme toujours dans les querelles de famille, chacun choisit son camp, et pour la presse tabloïd la messe est dite : haro sur le prince Harry et sa moitié, accusée par The Daily Mail de s’être livrée à des confessions «toxiques» et d’avoir porté atteinte à la sacro-sainte famille royale. Un point de vue que ne partage pas The Guardian, qui juge, lui, que les accusations portées par Meghan Markle «ne peuvent pas être prises à la légère» et que «l’affaire Sussex» remet au premier plan le débat sur la monarchie et la question de la présence, à la tête de l’État britannique, d’un «pouvoir héréditaire».

Les dessinateurs de presse britanniques, eux, se régalent. Matt, pout The Telegraph, ironise sur la façon dont l’interview de Meghan et Harry a été vendue et accueillie au Royaume-Uni, sur l’émotion qu’elle provoque outre-Manche. Un couple regarde la télévision, qui annonce: «Avertissement : vous êtes sur le point de renverser votre verre de vin sur le sofa». Morten Morland, pour The Times, a la dent plus acérée envers la famille royale, qu’il montre elle aussi réunie devant le poste de télévision. «C’est la pire interview qui ait jamais existé», fulmine le prince Andrew. «Ils n’ont pas honte d’embarrasser à ce point leur famille», s’indigne le rejeton de la reine Elisabeth mis en cause dans l’affaire Epstein. Une affaire dont il s’était défendu lui aussi dans une interview télé, pour le moins ratée, en brandissant ce que la presse britannique avait qualifié d’«alibi pizza». Le prince Andrew avait affirmé ne pas avoir commis une agression sexuelle contre une mineure, car il avait, disait-il, le jour des faits présumés, emmené sa fille à une fête d'anniversaire dans une pizzeria.

À ceux que ces histoires de famille navrent un peu, je propose de jeter un cil au New York Times, qui affirme qu’il n’y a rien de tel que de caresser les vaches, les vraies, pour se faire du bien à l’âme. La tendance, paraît-il, fait fureur au États-Unis. La peau de vache, le saviez-vous, c’est très doux.

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