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Covid-19 au Sénégal : face à la contestation, le gouvernement allège le couvre-feu en vigueur

Au Sénégal et à Madagascar, des heurts ont eu lieu mercredi 3 juin lors de rassemblements contre les mesures anti-Covid-19, telles que le couvre-feu et le confinement. Manifestants et forces de l’ordre se sont affrontés dans le rue à coup de jets de pierre d'un côté et de gaz lacrymogènes et aux tirs de balles en caoutchouc de l'autre.

Le gouvernement sénégalais a annoncé, jeudi 4 juin, un allègement du couvre-feu nocturne et une reprise des transports entre les villes après deux nuits d'incidents et de protestations contre les mesures destinées à contenir le nouveau coronavirus. Le couvre-feu qui entrait en vigueur à 21 h (locales et GMT) est repoussé à 23 h et prend fin à 5 h du matin, a annoncé le ministre de l'Intérieur Aly Ngouille Ndiaye. "A compter de ce jour, il sera prononcé la levée des restrictions de transport sur l'étendue du territoire national avec le maintien du couvre-feu de 23 h à 5 h du matin", a affirmé le ministre dans une intervention retransmise sur la télévision publique. "Les réunions dans les endroits publics ou privés, les restaurants, les salles de sport, les casinos vont bénéficier de ces mêmes mesures d'assouplissement", a-t-il ajouté.

Dakar et plusieurs villes ont été le théâtre de protestations au cours des deux nuits passées. Des Sénégalais sont descendus dans la rue après l'entrée en vigueur du couvre-feu, incendiant des pneus, dressant des barrages et lançant des pierres contre les forces de l'ordre. Les policiers et les gendarmes ont dispersé les protestataires à coups de gaz lacrymogènes. L'armée, déjà mobilisée préalablement, a apporté son soutien et les réseaux sociaux ont diffusé des images de véhicules militaires dans les rues. 

La contestation a, fait exceptionnel, touché la ville religieuse de Touba, à 200 km à l'est de Dakar. Des véhicules de police et une ambulance y ont été brûlés et le centre de traitement des malades du Covid-19 y a été attaqué, selon un officiel. Plus de 200 personnes ont été arrêtées dans le pays, a dit le ministre de l'Intérieur.

A Madagascar, des émeutes ont également eu lieu mercredi à Toamasina, la deuxième ville du pays. Les manifestants ont érigé des barrages et mis le feu à des pneus pour protester contre les mesures de confinement toujours en vigueur dans cette agglomération.