
Jonathan Shapiro a été fait mercredi par l'ambassadeur français en Afrique du Sud chevalier des Arts et des Lettres. Zapiro, de son nom de plume, est le plus grand caricaturiste de presse en Afrique du Sud.
Le célèbre caricaturiste sud-africain Jonathan Shapiro a été fait mercredi 13 novembre chevalier des Arts et des Lettres par l'ambassadeur français en Afrique du Sud. Cette médaille avait déjà été décernée à d'autres artistes du pays, William Kentridge et Johnny Clegg.
Plus connu sous le nom de Zapiro, ce dessinateur avait été classé par le magazine Jeune Afrique comme l'une des 50 plus influentes personnalités du continent africain.
Dans son studio au Cap, il conserve tout. C'est un dessin sur le mouvement anti-apartheid qui l'a rendu célèbre. "Il a été un tremplin pour ma carrière. J'ai tenté d'y reproduire l'excitation du fait d'appartenir au mouvement anti-apartheid des années 19 80. Et là, vous voyez, je dessinais les policiers en cochons. Quand ils ont vu ça, ils sont venus me chercher, et ils m'ont demandé : 'Pourquoi vous nous dessinez en cochons ?' J'ai répondu que je dessinais ce que je voyais. Ils m'ont mis à l'isolement", décrit-il.
Un lien particulier avec Mandela
Depuis, il a publié 28 livres et caricaturé toutes les personnalités politiques. L'ancien président sud-africain Nelson Mandela est son préféré : "J'ai eu l'idée d'utiliser le visage de Mandela, à la place du soleil qui se lève, pour symboliser le renouveau".
L'artiste avait une relation particulière avec Mandela. Mais les présidents qui ont suivi n'ont pas tous apprécié son sens de l'humour. Jacob Zuma déteste être représenté avec une douche sur la tête."On lui a demandé ce qu'il avait fait pour se protéger après qu'il ait eu une relation sexuelle consensuelle avec une personne séropositive. Il a répondu qu'il avait pris une douche pour réduire le risque d'infection. Alors là, je me suis mis à lui dessiner une douche sur la tête. Et cette idée a eu un succès que je n'aurais jamais imaginé", raconte le caricaturiste.
Plusieurs fois poursuivi en justice, Zapiro ne s'est jamais laisser intimidé. Il continue de dénoncer les abus de la société post-apartheid : "Parfois, il y a des gens qui me demandent si je pourrais travailler dans un autre pays. Bien sûr, et je l'ai déjà fait d'ailleurs. Les caricaturistes sont bien plus flexibles qu'on ne le pense".