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"Karl Lagerfeld, l'empire de la mode, et la chatte Choupette"

À la une de la presse française, ce mercredi 20 février, les rassemblements de mardi soir contre la recrudescence des actes antisémites, le placement en détention provisoire d'Alexandre Benalla, l'autorisation accordée par la justice de la sortie en salles du film "Grâce à Dieu", et la mort de Karl Lagerfeld.

À la une de la presse française, les rassemblements, un peu partout en France, mardi, pour dire "non" à l’antisémitisme.

"La République réplique", annonce Libération, avec l’image du rassemblement de Strasbourg. Une mobilisation présentée comme "un rayon d’espoir" par Libé, qui salue ces dizaines de milliers de Français qui ont exprimé leur solidarité avec leurs compatriotes juifs, "des citoyens de toutes confessions, de toutes opinions, réunis par une seule volonté, celle de se comporter en citoyens solidaires d’autres citoyens attaqués dans leur être, parce qu’ils savent que s’attaquer aux juifs, c’est aussi s’attaquer à chacun d’entre nous". "La France dit non à l’antisémitisme", titre Le Figaro, qui parle d'"un moment d’unité nationale". Le Parisien évoque, lui, un "sursaut républicain" contre "l’insupportable banalisation" de l’antisémitisme, un sursaut qui "ne suffira (cependant) pas à lui seul à endiguer la dérive (de) ces derniers mois".

Interrogé par La Croix, le grand rabbin de France rappelle que la lutte contre l’antisémitisme est l’affaire de tous. Pour Haïm Korsia, cette lutte doit devenir "une grande cause nationale", pour que ceux qui se livrent à des actes antisémites sachent qu’ils "ne rencontreront aucune complaisance". Évoquant la profanation de dizaines de tombes à Quatzenheim, en Alsace, le grand rabbin appelle à "une sanction beaucoup plus forte que celles qui ont pu être données par le passé". Des sanctions qu’Emmanuel Macron, venu déposer une rose blanche les sépultures vandalisées, s’est engagé à faire appliquer, en promettant le renforcement de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme dans la loi. Le président exclut, en revanche, le principe d’une pénalisation de l’antisionisme.

L’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron, Alexandre Benalla, a été placé en détention provisoire mardi. D’après Le Parisien, l’ex-chef de cabinet adjoint de l’Élysée a été incarcéré pour avoir violé son contrôle judiciaire, après sa mise en examen dans l’affaire des violences du 1er mai dernier. Alexandre Benalla était entré en contact avec un autre mis en cause dans cette affaire, malgré l’interdiction qui lui en avait été faite. Le Parisien rappelle que cette décision intervient alors que la commission des Lois du Sénat, qui a interrogé Alexandre Benalla, rend ses conclusions ce mercredi. Ce rapport préconiserait de le poursuivre pour faux témoignage, selon la radio RTL.

À la rubrique judiciaire , également, cette décision du tribunal de Lyon, qui a débouté, mardi, une nouvelle requête contre le film "Grâce à Dieu", qui traite d'une affaire de pédophilie dans l’Église lyonnaise. Le site de L'Obs annonce que le film de François Ozon sortira bien mercredi dans les salles françaises, la justice ayant rejeté la demande d’une ex-membre du diocèse de Lyon, qui souhaitait que son nom soit retiré, pour protéger sa vie privée. Une requête qui en suivait une autre, également déboutée, celle du père Preynat, mis en examen en 2016 pour des abus sexuels présumés finalement prescrits, qui avait saisi la justice au nom du respect de la présomption d’innocence.

À la une également de la presse française et de nombreux journaux dans le monde entier, la mort, mardi à Paris, du couturier Karl Lagerfeld. "L’indémodable" directeur artistique de la marque Chanel depuis 1983, fait la une de 20 Minutes, qui salue la façon dont il a "marqué l’histoire de la mode". "Un monstre sacré", dixit Le Figaro, qui évoque "une figure tutélaire" de la mode, "le dernier maillon en exercice faisant le lien entre l’âge d’or de la couture et l’industrie globalisée du prêt-à-porter". "Lagerfeld se défile", annonce Libération, qui s’attarde sur les racines du plus allemand des couturiers français, rappelant, notamment, ses récents débordements sur la politique d’Angela Merkel et les migrants , qui montraient à quel point Karl Lagerfeld " pouvait être plus que borderline , toujours prêt à éreinter l’opinion publique".

Son pays natal semble avoir pardonné ce fils pas si prodigue finalement. "Merci, Karl Lagerfeld", titre, sans rancune, le Frankfurter Allgemeine Zeitung – dans la langue de Molière. "Der Zar ist tot", "le tsar est mort", écrit le Rheinische Post à propos de celui qu’on avait surnommé le "Kaiser", "l’empereur", en allemand. Au Liban, L'Orient-Le Jour salue la disparition de cet "homme pour qui le passé n’existait pas", un homme obsédé par le personnage de Faust, qui avait vendu son âme au diable, et qui a exigé de partir sans funérailles : "Plutôt mourir". Sans funérailles, mais pas sans testament, puisque le couturier aurait pris ses dispositions pour léguer une partie de sa fortune à Choupette, sa chatte bien-aimée, qui devrait "jeter ses griffes" sur une fortune évaluée à plus de 170 millions d’euros par le journal britannique The Times. D’après Le Monde, Karl Lagerfeld, de nationalité allemande et résident français, a selon toute probabilité "rusé avec le droit français", qui n’autorise pas les legs aux animaux de compagnie, pour permettre à la bestiole d’hériter.

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