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L'Australie rouvre un camp de rétention de migrants très controversé

Durcissant d'un cran sa politique migratoire, le Premier ministre australien a approuvé, mercredi, la réouverture du camp de migrants de l'île Christmas. Fermé en octobre, ce lieu avait été le théâtre d'émeutes et de suicides.

Le Premier ministre australien Scott Morrison a annoncé mercredi la réouverture du camp de rétention de migrants de l'île Christmas durcissant d'un cran sa politique migratoire suite une défaite historique au Parlement.

Il a justifié sa décision de rouvrir ce centre de rétention, fermé en octobre dernier, par la nécessité de "gérer la probabilité d'arrivée" d'un nombre croissant de migrants.

L'île Christmas se trouve à 2 300 kilomètres au nord-ouest de Perth, capitale de l'État d'Australie-occidentale. Ouvert en 2008, son camp de détention de migrants a été le théâtre d'émeutes, de suicides ou encore d'actes d'automutilation.

Défaite historique

Cette décision est intervenue après que le Premier ministre eut essuyé la veille une défaite historique au Parlement concernant le traitement médical des demandeurs d'asile, ce qui risque de multiplier les appels en faveur d'élections législatives anticipées.

En dépit d'une très forte implication personnelle de Scott Morrison, l'opposition travailliste est parvenue, avec l'aide des indépendants, à faire passer à la Chambre des représentants, par 75 voix contre 74, une loi portant des amendements controversés relatifs au traitement médical des demandeurs d'asile détenus dans des camps offshore.

Les amendements que l'opposition est parvenue à faire voter mardi portent notamment sur la possibilité pour les médecins de décider du transfert en Australie, pour y être soignés, des demandeurs d'asile relégués dans des centres de rétention offshore.

Le gouvernement, qui mène depuis plusieurs années une politique extrêmement dure vis-à-vis des clandestins ayant tenté illégalement de gagner l'Australie en bateau, a immédiatement martelé qu'il ne permettra jamais que ces derniers mettent un pied dans le pays.

Protéger contre "le mal"

Sur le plan politique, cette défaite parlementaire est un revers considérable pour le Premier ministre, qui pose question sur sa capacité à se maintenir à son poste.

Scott Morrison a cependant exclu de convoquer des élections anticipées, en affirmant qu'il ne s'agissait pas d'une motion de confiance et que des élections régulières doivent de toute façon être organisées d'ici mai. Sa coalition est donnée perdante face aux travaillistes par les sondages.

Canberra est vivement critiqué pour sa politique très restrictive mise en œuvre en 2013 par les conservateurs et qui consiste à repousser systématiquement les bateaux de migrants tentant de gagner illégalement ses côtes. Les personnes qui y parviennent sont reléguées pour des durées indéterminées dans des camps de rétention le temps que leur demande d'asile soit instruite.

Canberra justifie sa politique contre les migrants par la nécessité de lutter contre les gangs de passeurs et de dissuader ceux tentant la périlleuse traversée vers l'Australie.

Avec AFP