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"Acte VIII : les Gilets jaunes tiennent bon"

À la Une de la presse, lundi 7 janvier, la poursuite de la mobilisation des Gilets jaunes, dont l’acte VIII a une nouvelle fois été émaillé de violences, y compris de la part des forces de l’ordre. Le "grand débat national" annoncé par le gouvernement. Le silence de l’Église face au fléau de la pédophilie en procès. Et la rentrée chahutée de Theresa May.

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À la Une de la presse française, lundi matin, la poursuite de la mobilisation des Gilets jaunes.

Des dizaines de milliers de personnes ont de nouveau manifesté, ce week-end, dans toute la France. "Macron n’en a pas fini avec les Gilets jaunes", annonce L’Humanité, qui se réjouit de voir les calculs du gouvernement mis en échec. L’exécutif "espérait que les fêtes étoufferaient la braise. Las. La colère est trop ardente et des mesurettes ne sauraient l’éteindre", s’enflamme L’Huma. Le journal accuse la majorité de "monter en épingle les violences de petits groupes pour tenter de discréditer" le mouvement, "massivement" soutenu par l’opinion publique, selon lui. Une nouvelle fois, des violences ont émaillé les manifestations, samedi. Deux faits graves ont même été filmés, selon Le Parisien. L’un à Paris, commis par un manifestant sur deux gendarmes, attaqués à coups de poings. Un manifestant identifié, et toujours recherché au moment où nous parlons. Et une autre agression à Toulon, où un officier de police a roué de coups trois manifestants. Le préfet du Var a saisi l’IGPN, la police des polices. Des violences contre lesquelles plusieurs centaines de femmes Gilets jaunes ont manifesté, hier.

Le Figaro fait état de manifestations dans plusieurs villes, à Toulouse, Caen, Rennes, Lyon et Paris, pour donner une image plus pacifique des Gilets jaunes. "C'est nous, les femmes, qui faisons les courses. C'est nous qui sommes en première ligne des problèmes de pouvoir d'achat, quand il n'y a plus de quoi acheter à manger en fin de mois ou quand on n'a plus de quoi faire des cadeaux aux enfants", témoignent Céline, auxiliaire de vie, et Lisa, secrétaire comptable, venues d’Eure-et-Loire, pour manifester à Paris. D’après Le Figaro, beaucoup de manifestantes ont dit s’être mobilisées pour défendre l'avenir de leurs enfants et de leurs petits-enfants. Le gouvernement s’est engagé à répondre à la mobilisation des Gilets jaunes lors du "grand débat national", qui débutera le 15 janvier prochain. Interrogé par 20 Minutes, le porte-parole du gouvernement, dont le ministère a été vandalisé, samedi, par des manifestants, prévient que cette concertation ne doit "pas être le monopole de ceux qui ont enfilé un gilet jaune". Évoquant notamment le référendum d’initiative citoyenne, réclamé par les Gilets jaunes, Benjamin Griveaux déclare que "si le RIC, c’est un référendum tous les quinze jours sur tous les sujets, ce (ne sera) pas possible", qu’il faut "des garde-fous, car un référendum doit rechercher l’intérêt général, et non être la voix des intérêts particuliers ou des lobbies". "Je ne veux pas de RIC sur la peine de mort, l’IVG ou le mariage pour tous", annonce-t-il, en martelant que le gouvernement va, malgré tout, "réformer, comme prévu, la fonction publique, l’assurance chômage, et les retraites".

La majorité présidentielle est toujours embarrassée par l’affaire Alexandre Benalla, dont les réseaux sont passés au crible par Libération. Le journal a enquêté sur les "amitiés louches" de l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron, récemment épinglé pour avoir, cette fois, utilisé des passeports diplomatiques supposés ne plus être entre ses mains. Outre les hommes d’affaires Alexandre Djouhri, Vincent Miclet et Philippe Hababou Solomon, présentés comme des "intermédiaires controversés" par Libé, Alexandre Benalla aurait aussi noué des liens avec "un homme d’affaires syrien impliqué dans des escroqueries", Mohamad Izzat Khatab. Le journal se demande "comment le chargé de sécurité de l’Élysée devenu le fantôme de la macronie, a (bien) pu constituer aussi rapidement (un tel) écheveau de relations dans le demi-monde géopolitique".

À la Une, également, la comparution, à partir d’aujourd’hui, du cardinal Philippe Barbarin, devant la justice, pour répondre de sa gestion du cas Bernard Preynat, un prêtre pédophile. Alors que le père Preynat, accusé d’avoir abusé de plus de 70 scouts dans les années 1970 et 80 à Lyon, n’a pas encore été jugé, l’archevêque de Lyon doit s’expliquer sur le fait qu’il n’ait pas dénoncé ces abus sexuels sur mineurs, dont il avait pourtant été informé. D’après La Croix, toute la difficulté va être "de ne pas juger, dans cette affaire, le passé à la lumière du présent". "Au sein de l’Église comme dans l’ensemble de la société, la conscience de ce qu’est la perversion pédophile n’était pas la même il y a quinze ans", plaide le journal, en assurant que "l’Église catholique devient l’une des institutions les plus engagées, sinon la plus engagée, dans la lutte contre le fléau de la pédophilie". Un engagement trop tardif, selon Alexandre Dussot-Hezez, le fondateur de l’association La parole libérée, qui fait partie des neuf plaignants contre le cardinal Barbarin. Ancienne victime du père Preynat, il accuse dans Le Parisien l’archevêque de Lyon d’avoir eu "les moyens d’agir", et de ne l’avoir pas fait. "Il a menti. Il a été assez lâche. Il a essayé de trouver des excuses. Il m’a fait plus de mal que Preynat dans ma foi".

Un mot, avant de nous quitter, du 40e anniversaire, aujourd’hui, de la fin du régime des Khmers rouges, au Cambodge. Le Phnom Penh Post annonce que des dizaines de milliers de personnes assisteront aux cérémonies d’aujourd’hui, présidées par le Premier ministre cambodgien, Hun Sen, au pouvoir depuis 1985. Des commémorations dont on va reparler dans la prochaine Revue de presse, à 9 h 20, heure de Paris. En attendant, je vous propose de jeter un cil au dessin de Blower, qui imagine la rentrée des classes de Theresa May. La Première ministre va bientôt affronter le vote du parlement britannique sur son projet de Brexit, annoncé pour le 14 ou 15 janvier, et ça s’annonce assez haut en couleur. My God ! Quel chahut ! Bonne rentrée à tous. Un dessin trouvé sur Twitter.

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