
Dans une longue tribune publiée le 17 août, le magazine et sa société éditrice Condé Nast s'engagent à ne plus embaucher de modèles en dessous de 18 ans, et espèrent lancer un mouvement dans le monde de la mode.
Alors que Vogue UK s'apprête à sortir son numéro de septembre dont la Une est consacrée à Rihanna – et donc pour la première fois à l'occasion de son édition la plus importante de l'année, à une femme noire –, le magazine se démarque une nouvelle fois par sa prise de position, dans un autre domaine cette fois-ci.
"Nous ne pouvons pas réécrire le passé, mais nous pouvons nous engager pour un futur meilleur". Dans un article publié jeudi 16 août sur le site de Vogue, la journaliste Maya Singer explique que le groupe Condé Nast s'engage à ne plus faire poser de mannequin de moins de 18 ans, et appelle les autres acteurs de la mode à faire de même.
L'écho du mouvement #MeToo
Imaan Hammam, Andreea Diaconu, Pasha Harulia... Vogue commence par lister les modèles castées parfois avant même la puberté par les agences et autres chasseurs de têtes. Puis le magazine d'égrenner son nouvel engagement pris début 2018, face au mouvement #MeToo, autant de mesures mises en place pour assurer à ses mannequins des shootings dans de bonnes conditions : approbation nécessaire du mannequin pour les tenues et les poses, indemnités en cas de harcèlement ou encore vestiaires privés pour les essayages.
"Vogue, à l'instar de beaucoup d'autres publications, a joué un rôle dans le fait que des enfants sont habillées et marketées comme des adultes", continue Maya Singer, avant de citer l'exemple de Brooke Shields, qui en 1980 faisait la couverture du magazine à l'âge de 14 ans. "Ça suffit. Ce n'est pas bien pour nous, ce n'est pas bien pour nos lecteurs, ce n'est pas bien pour les jeunes modèles qui entrent en compétition pour apparaître dans ces pages."
La santé mentale des jeunes mannequins mieux prise en compte
Toujours dans cet article, Vogue liste les constats qui ont mené à cette prise de position, parmi lesquels la vulnérabilité de ces jeunes filles, la pression quant à leurs poids, le rythme éreintant des défilés et des séances photo ou encore l'exposition à la drogue et à l'alcool.
Un vrai pas en avant, qui signifie que les couvertures telles que celle parue en juillet dernier pour l'édition italienne de Vogue, mettant en scène la jeune mannequin de 16 ans Kaia Gerber, ne devraient plus être autorisées, si Condé Nast tient ses promesses. D'autant que l'omniprésence de ces silhouettes enfantines et chétives participe également au culte de la jeunesse et de la maigreur, qui ne rend pas hommage à la diversité des corps adultes et renforce dangereusement des canons esthétiques étriqués.
D'après la tribune, le conseil des créateurs de mode américains (CFDA) se serait rangé du côté de Condé Nast afin que cette initiative soit approuvée par d'autres acteurs internationaux de la mode.
Une publication partagée par Kaia (@kaiagerber) le 8 Juil. 2018 à 8 :00 PDT
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