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Pour éviter la disparition du rhinocéros blanc du Nord, les scientifiques pensent à la fécondation in vitro

Évoquée depuis plusieurs années, la FIV serait le seul moyen d'éviter la disparition du rhinocéros blanc du Nord qui ne compte plus que deux spécimens femelles.

En mars dernier s'éteignait Sudan, dernier mâle rhinocéros blanc du Nord de son espèce, à l'âge de 45 ans. Actuellement, deux spécimens femelles sont encore en vie – Najin et sa fille Fatu – réduisant à néant les chances de survie de la sous-espèce. Ou presque. 

Avant sa mort, des échantillons de sperme – mais aussi de peau, de gencives, de testicules, etc. – ont été prélevés chez Sudan, explique Futura Sciences. Conservés en laboratoire depuis 2015, ils pourraient permettre à des scientifiques de pratiquer une fécondation in vitro (FIV) sur les femelles encore en vie. Pour cela, il faudrait extraire des ovules de Najin ou Fatu, afin de leur faire rencontrer les spermatozoïdes de Sudan, pour ensuite les réinsérer dans une femelle. Mais il semblerait que cette manipulation soit extrêmement compliquée à réaliser. 

Un hybride pour relancer l'espèce

En effet, récupérer l'ovule d'une femelle rhinocéros s'avère délicat, puisqu'il faut utiliser une sonde à ultrasons, un appareil très traumatisant pour l'animal. Aussi, le peu de femelles restantes met un peu plus à mal les chances de succès de la FIV, d'autant plus que Najin ou Fatu ne seraient pas aptes à porter un bébé. Cependant, Futura Sciences précise que la manipulation pourrait être réalisée avec des femelles rhinocéros blanches du sud, cousines proche de la sous-espèce de Sudan. Ainsi, les hybrides créés pourraient faire revivre l'espèce, grâce à la sélection naturelle. 

Les scientifiques ont également évoqué l'idée de reprogrammer les cellules récupérées sur Sudan en cellules souches pluripotentes, qui pourraient à leur tour créer du sperme ou des ovules. 

Un prix faramineux

Cependant, le sujet reste très controversé, comme le précisait la BBC en 2016. En effet, plusieurs experts s'accordent à dire que les ressources utilisées pour tenter de sauver une espèce seraient un gâchis. Elles auraient pu être mises au service de la protection de races encore existantes. En effet, cette opération coûterait environ 9 millions d'euros selon le parc zoologique de Dvůr Králové, en République tchèque, qui a d'ailleurs mis en place sur son site Internet une cagnotte ouverte au public.

Mais Thomas Hildebrandt, l'un des chercheurs du projet de FIV et scientifique du Leibniz Institute for Zoo and Wildlife Research, basé à Berlin, précisait déjà qu'en développant cette technique sur le rhinocéros blanc du Nord, d'autres espèces menacées pourraient en bénéficier à leur tour dans le futur. 

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