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La Turquie entend s'appuyer sur des rebelles syriens pour combattre les milices kurdes à Afrin

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé, mardi, que des membres de la rébellion syrienne soutiendraient l'offensive annoncée contre des milices kurdes YPG présentes dans la poche d'Afrin, dans le nord-ouest de la Syrie.

L'incursion à la frontière turco-syrienne, annoncée depuis novembre 2017 par le pouvoir turc, se précise. Interrogé mardi 16 janvier sur une éventuelle participation des rebelles syriens à l'opération visant la poche d'Afrin, Recep Tayyip Erdogan a répondu : "Bien sûr qu'ils le feront. Ce combat est mené pour eux, pas pour nous".

Le chef d'État a par ailleurs promis d'en finir avec les "nids de terroristes" dans les régions du nord de la Syrie, contrôlées par des groupes kurdes considérés comme "terroristes" par Ankara.

Cette incursion a une nouvelle fois été évoquée après l'annonce, dimanche, par les États-Unis de la création de la "Force de sécurité frontalière" dans le nord de la Syrie, projet qui inclut des combattants kurdes. Craignant que ces groupes ne s'implantent durablement aux portes de son pays, Recep Tayyip Erdogan a menacé lundi de "tuer dans l'œuf cette armée terroriste", qui devrait être composée de 30 000 combattants. Il a en outre assuré que l'armée turque était "prête" à lancer une opération "à tout moment" contre les milices kurdes à Afrin et Minbej.

L'Otan appelée à se positionner

Recep Tayyip Erdogan a également appelé, mardi, l'Otan, dont sont membres Ankara et Washington, à prendre position sur cette question. "Vous êtes tenus à prendre position pour l'un de vos partenaires en cas d'agression à la frontière. Mais à ce jour, quelle attitude avez-vous adoptée ?", s'est-il agacé, affirmant que le chef de l'état-major turc Hulusi Akar aborderait ce sujet avec les alliés de la Turquie au cours d'une réunion de l'Otan à Bruxelles, mardi.

Selon l'agence étatique Anadolu, un entretien bilatéral aura également lieu entre Hulusi Akar et son homologue américain Joseph Dunford à Bruxelles, pour aborder le sujet de cette "force frontalière". "Nous n'autoriserons pas que les YPG (...) soient soutenues et armées sous prétexte d'un 'partenariat opérationnel'", a-t-il déclaré.

Avec AFP et Reuters