
La Cour de cassation française a validé vendredi deux enregistrements clandestins à l'origine de la mise en examen de deux journalistes français. Ils sont soupçonnés d'avoir voulu faire chanter le roi du Maroc.
La Cour de cassation française a débouté vendredi 10 novembre Catherine Graciet et Éric Laurent et validé deux enregistrements clandestins à l'origine de la mise en examen de ces deux journalistes français. Soupçonnés d'avoir voulu soutirer trois millions d'euros au roi du Maroc Mohammed VI, en échange de l'abandon d'un livre censé contenir des révélations gênantes pour Rabat,ils ont été mis en examen en 2015 pour chantage et extorsion de fonds.
La plus haute juridiction française, saisie par les journalistes Catherine Graciet et Éric Laurent, a estimé vendredi que ces deux enregistrements avaient été réalisés par un émissaire de Rabat sans "véritable implication" des enquêteurs, permettant de conclure à la "loyauté de la preuve". Elle a donc débouté les journalistes.
Les avocats des deux journalistes, qui reconnaissent un accord financier mais réfutent tout chantage, demandaient l'annulation des deux derniers enregistrements au motif qu'ils sont "illégaux" car réalisés par l'émissaire marocain alors même qu'une enquête était déjà ouverte.
Les deux journalistes avaient été interpellés le 27 août 2015, en possession de 80 000 euros en liquide, au sortir d'une réunion avec un émissaire du Maroc enregistrée à leur insu par ce dernier. Eric Laurent avait déjà été enregistré lors de deux rencontres précédentes avec l'émissaire, l'avocat Hicham Naciri.
Une "grande victoire" pour Rabat
"C'est une très grande victoire, il n'y a désormais plus d'obstacle à la poursuite puis à la condamnation de ceux qui ont voulu faire chanter le roi du Maroc", a réagi auprès de l'AFP Patrice Spinosi, l'un des avocats du royaume.
"Nous considérons toujours que les autorités de poursuites, le parquet, ont bien participé à la récupération des enregistrements clandestins effectués par l'avocat du Maroc, et ne pouvaient en conséquence s'affranchir des règles de la procédure pénale. Nous poursuivons donc notre bataille au niveau européen", a déclaré Éric Moutet, l'avocat de Catherine Graciet.
Avec AFP