
Le gouvernement français a lancé, mercredi, un ultimatum à l'Italie en menaçant de nationaliser les chantiers navals de Saint-Nazaire si Rome n'acceptait pas un partage à 50-50 de son capital avec des intérêts publics hexagonaux.
Ultimatum. Le gouvernement français a donné jusqu'à jeudi à l'Italie pour se décider dans le dossier STX France, en menaçant de nationaliser les chantiers navals de Saint-Nazaire si Rome n'acceptait pas un partage à égalité de son capital avec des intérêts publics hexagonaux.
"Les Italiens ont jusqu'à jeudi pour se décider sur le sujet", a dit le ministre de l'Économie et des Finances Bruno Le Maire sur franceinfo. "Si jamais nos amis italiens nous disent 'cette proposition ne nous va pas', l'État français exercera son droit de préemption sur STX France pour que nous puissions rouvrir le dossier", a-t-il ajouté.
"Il est normal que l'État puisse hausser le ton", a affirmé jeudi le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner. "C'est comme dans la diplomatie. Il faut avoir quelques armes [...] Ça permet de négocier au mieux", a-t-il ajouté, non sans préciser que l'objectif de l'État n'est "pas de nationaliser STX".
Fincantieri n'a pas besoin "à tout prix" de STX France
La France dispose d'un droit de préemption sur la totalité du capital jusqu'à vendredi. Elle avait déjà brandi la menace d'une nationalisation temporaire lors des discussions qui ont abouti en avril à un accord prévoyant le rachat de 55 % STX France de Saint-Nazaire par le groupe public italien Fincantieri (pour 48 %) associé à une fondation transalpine (7 %).
En Italie, l'administrateur délégué de Fincantieri a réagi en déclarant qu'il n'avait pas un "besoin à tout prix" des chantiers de Saint-Nazaire. "Nous sommes européens et, sur STX, nous ne pouvons accepter d'être moins bien traités que des Coréens", a dit Giuseppe Bono lors d'une conférence téléphonique.
Un avis que partage le ministre italien de l'Économie Pier Carlo Padoan. "Il n'y a aucune raison pour Fincantieri de renoncer à une participation majoritaire et au contrôle de l'entreprise française", a-t-il déclaré dans un communiqué.
Une source proche du Trésor italien avait rejeté, mardi soir, la proposition française d'un partage à 50-50 des chantiers de Saint-Nazaire, déclarant : "La ligne rouge, c'est, au minimum, une participation légèrement majoritaire et un contrôle du conseil."
Avec Reuters