
Le président Donald Trump a subi une lourde défaite politique vendredi, après avoir demandé aux républicains d'annuler le vote sur sa réforme phare du système de santé, faute de majorité à la Chambre des représentants.
Donald Trump a demandé vendredi 24 mars aux chefs de file républicains de la Chambre des représentants de retirer le projet de loi réformant le système de santé américain, faute de disposer de la majorité nécessaire pour le faire adopter.
L'abrogation de l'Obamacare a été l'une des principales promesses de la campagne présidentielle de Donald Trump. Son retrait représente un énorme échec personnel pour le milliardaire, qui a bâti une bonne partie de son image sur ses talents de négociateur.

"Nous étions tout près", a réagi Donald Trump, qui a expliqué ce revers par l'opposition des démocrates. Depuis le Bureau ovale, le président des États-Unis s'est dit étonné, déçu, et a déclaré "avoir beaucoup appris à propos de la loyauté" lors de cette tentative de convaincre les parlementaires d'approuver son projet phare, conclue par un premier camouflet législatif. Il a répété que l'actuelle loi sur la santé mise en place par Barack Obama allait "exploser".
Le président américain avait mis en demeure les représentants de procéder à ce vote au plus tard vendredi. Les 430 membres de la Chambre des représentants (193 démocrates et 237 républicains) devaient voter peu après 19 h 30 GMT. Mais le nombre de républicains ayant annoncé leur opposition dépassait la trentaine, ce qui assurait une défaite, la minorité démocrate étant totalement opposée.

Divisions dans le camp démocrate
Selon ses détracteurs, Donald Trump, focalisé sur l'obtention d'une victoire politique et symbolique, a sous-estimé l'impact réel qu'aurait eu la réforme sur le système de santé. Le texte aurait sabré les aides publiques aux quelque 24 millions de personnes qui n'ont pas d'assurance santé grâce à leur employeur.
Les républicains les plus conservateurs, affiliés au Freedom Caucus, ont estimé que le texte voulu par le président Trump ne différait pas assez de l'Obamacare, tandis que les modérés craignaient, à l'inverse, que la proposition de loi ne revienne à accroître le nombre d'Américains sans couverture maladie.
Avec Reuters et AFP