
Le réchauffement des relations entre Cuba et les États-Unis a commencé fin 2014, sous l’égide de Raul Castro et Barack Obama. Si Fidel ne s’y est pas publiquement opposé, même retiré du pouvoir, il a multiplié les piques contre l’ennemi historique.
Le champion de l’anti-américanisme aura assisté de son vivant au rapprochement de Cuba avec l’ennemi historique. Sans s’y opposer publiquement, Fidel Castro n’a cessé de distiller les piques contre Washington.
Annoncé toute fin 2014, ce réchauffement est l’œuvre de Barack Obama et de Raul Catro, frère cadet de Fidel, aux rênes du pays depuis 2006 et le retrait progressif du Comandante, affaibli par les années et la maladie.
Première étape cruciale dans le rapprochement des deux pays : la suppression de Cuba de la liste américaine des pays soutenant le terrorisme en mai 2015. Cette initiative marque une étape clé vers la normalisation des relations entre les deux pays.
S’en suit, quelques mois plus tard, une mesure ô combien symbolique : fermées depuis 1961, les ambassades respectives de Washington et La Havane rouvrent leurs portes en juillet 2015, un pas décisif dans le rapprochement.
Quand enfin Barack Obama, invité par Raul, se rend en famille sur l’île en mars 2016, cela faisait 88 ans qu’un président américain n’avait pas foulé le sol cubain.
Publiquement, Fidel ne s’est pas opposé à cette réconciliation, mais il est resté ferme dans ses critiques. Moins d'une semaine après le discours de Barack Obama à La Havane, le leader communiste avait ainsi réaffirmé que l'île "n'oublierait pas ses confrontations passées avec les États-Unis", dans un texte publié dans la presse cubaine. "Nous n’avons pas besoin que l’empire nous fasse cadeau de quoi que ce soit", écrivait-il, raillant le "discours mielleux" prononcé par le président Obama à La Havane.
"Plans machiavéliques des présidents américains"
À l’occasion de la célébration de ses 90 ans, en août dernier, Fidel Castro a d'ailleurs prouvé qu’il n’avait rien perdu de son mordant. Il a de nouveau attaqué les États-Unis, dans un article intitulé "L’anniversaire". Il y a rappelé les tentatives répétées de Washington, selon lui, pour l’assassiner quand il dirigeait Cuba.
"J'ai presque ri face aux plans machiavéliques des présidents américains", a assuré celui qui, d’après les services de renseignement cubains, aurait été la cible de 634 complots entre 1958, un an avant son arrivée au pouvoir, et 2000.
Et maintenant ? "Avec la mort de Fidel la situation politique et économique devrait s'ouvrir. Cela va retirer un poids à Raul. Il n'aura plus besoin de s'inquiéter de contredire son grand frère, une personnalité énorme", juge pour l'AFP Michael Shifter, président du centre de réflexion américain Inter-American Dialogue.
Reste que la levée de l’embargo, qui pénalise l’île depuis 1962, n’est pas de son ressort. Seul le Congrès américain peut prendre cette décision.