
Alors que le FBI a relancé l'affaire des e-mails d'Hillary Clinton, qui avait utilisé sa messagerie personnelle alors qu’elle était secrétaire d’État, la candidate démocrate s'est, elle, montrée confiante sur les suites de cette affaire.
Hillary Clinton veut afficher une attitude sereine à moins de deux semaines du scrutin présidentiel américain. Convaincue que les nouveaux messages découverts par le FBI ne changeraient pas les conclusions de l'enquête de la police fédérale, qui avait demandé en juillet le classement de l'affaire, la candidate démocrate a appelé vendredi 28 octobre le FBI à rendre publiques toutes les nouvelles informations dont il dispose.
"Le peuple américain mérite d'obtenir les faits, complets et entiers, immédiatement. Le directeur (du FBI) lui-même a dit qu'il ignorait si les e-mails auxquels il fait référence dans sa lettre sont d'importance ou non. Je suis convaincue que quels qu'ils soient, ils ne changeront pas la conclusion prononcée en juillet", a-t-elle indiqué à des journalistes.
Le directeur du FBI, James Comey, a informé par courrier des élus du Congrès, contrôlé par les républicains, que de nouveaux messages, potentiellement "pertinents", avaient été découverts dans une enquête distincte des investigations closes en juillet dernier sur les messages de l'ancienne chef de la diplomatie.
Cette annonce constitue un nouveau rebondissement inattendu à moins de deux semaines de l’élection présidentielle américaine dans laquelle Hillary Clinton fait figure de favorite, selon les dernières enquêtes d’opinion. "Cette affaire va peser sur les derniers jours de campagne", estime Gallagher Fenwick, correspondant France 24 à Washington.
Le FBI a passé plusieurs mois à enquêter sur l’emploi par l’ancienne chef de la diplomatie américaine d’un serveur privé lorsqu’elle dirigeait le secrétariat d’État entre 2009 et 2013. Certains des e-mails qu’elle a envoyés par ce moyen étaient confidentiels.
"Enfermez-la !"
Le gouvernement américain interdit une telle pratique mais en juillet, James Comey avait estimé qu’il n’existait aucun élément démontrant qu'Hillary Clinton avait enfreint la loi, bien que son attitude ait été jugée "extrêmement négligente".
Hillary Clinton a déjà présenté des excuses pour cette affaire qui la poursuit depuis les primaires et dont elle ne parvient pas à se débarrasser, à la grande satisfaction de son adversaire Donald Trump.
Le candidat républicain, en meeting à Manchester, dans le New Hampshire, s’est empressé de partager la nouvelle avec ses partisans en introduction de son discours. La foule a alors répliqué en scandant : "Enfermez-la !".
"Nous ne pouvons pas laisser son plan criminel entrer dans le bureau ovale", a lancé le milliardaire, se déclarant satisfait que le FBI et le département de la Justice réparent "l’énorme erreur qu’ils ont commise".
"Encore une fois, Hillary Clinton ne peut s’en prendre qu’à elle-même", a commenté Paul Ryan, président républicain de la Chambre des représentants. "On lui avait confié certains des secrets les plus sensibles de notre pays et elle a trahi cette confiance en gérant mal des informations classées hautement confidentielles ", a-t-il poursuivi.
Avec AFP et Reuters