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La famille de Marie Colvin, journaliste américaine, tuée en 2012 à Homs, a porté plainte samedi aux États-Unis contre le régime de Bachar al-Assad. Elle l’accuse d’avoir "délibérément et avec préméditation" tué la journaliste.
La famille de la journaliste américaine Marie Colvin a porté plainte samedi 10 juillet aux États-Unis contre le régime de Bachar al-Assad. Selon elle, le régime syrien a intercepté les communications de la journaliste du Sunday Times avant d'envoyer un déluge de bombes sur le lieu où elle se trouvait, un appartement transformé en centre de presse dans le quartier rebelle de Bab Amr.
La plainte, déposée par l'organisation américaine Center for Justice and Accountability (CJA) au nom de la sœur de la journaliste, Cathleen Colvin, et d'autres membres de sa famille stipule que Marie Colvin a été assassinée "délibérément et avec préméditation".
L'accusation repose sur des documents officiels interceptés et le récit de transfuges. Elle vise plusieurs responsables syriens dont le frère de Bachar al-Assad, le général Maher al-Assad.
Après avoir eu la confirmation de la présence de Marie Colvin par un informateur, l'artillerie syrienne a "délibérement lancé des salves de roquettes et de mortiers sur le centre de presse", avec des "tirs de plus en plus concentrés", affirment les plaignants.
"Des actions sont possibles pour mettre fin à l'impunité"
Le photographe français Rémi Ochlik avait également péri dans ce pilonnage survenu le 22 février 2012. Le photographe britannique Paul Conroy, la journaliste française Édith Bouvier et le traducteur syrien Wael al-Omar avaient été blessés.
"Cette procédure légale démontre que des actions sont possibles pour mettre fin à l'impunité des responsables de crimes contre les journalistes", a déclaré Christophe Deloire, secrétaire général de Reporter sans frontières (RSF), dans un communiqué.
"RSF espère que ces efforts aideront à faire éclater la vérité, à savoir que ces journalistes ont été délibérement ciblés et tués parce qu'ils diffusaient des informations sur les crimes de l'armée syrienne contre les populations civiles", a-t-il ajouté.
RSF est également partie civile depuis 2013 dans l'information judiciaire ouverte à Paris pour "homicide involontaire" sur Rémi Ochlik et "tentative d'homicide" sur Édith Bouvier, la journaliste française blessée à Homs puis évacuée vers le Liban après dix jours. "Malgré les efforts de la juge d'instruction du pôle 'Crimes de guerre et crimes contre l'humanité', l'instruction n'a guère avancé", déplore RSF.
Avec AFP