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Au lendemain des graves incidents survenus à Marseille, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a annoncé dimanche l'interdiction de la vente d'alcool dans les "périmètres sensibles" les veilles et jours de match de l'Euro.

Alors que plusieurs critiques ont été émises sur le dispositif de sécurité lors de l'Euro-2016 au lendemain des incidents survenus à Marseille en marge du match Angleterre-Russie, le ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a annoncé, dimanche 12 juin, que la vente d'alcool dans les villes hôtes allait être restreinte.

"J'ai demandé [aux préfets] de prendre toutes les mesures utiles visant à prohiber les veilles et jours de match et les jours d'ouverture des fan zones dans les périmètres sensible la vente, la consommation et le transport de boissons alcoolisées", a ainsi déclaré le ministre, selon qui "cette mesure pourra concerner le domaine public, les commerces de proximité ainsi que les débits autorisés en cas de vente à emporter". "Les préfets pourront également interdire en terrasse les contenants susceptibles d'être utilisés comme projectiles", a-t-il ajouté.

Quant aux supporters étrangers "dont le comportement trouble l'ordre public", ils pourront être expulsés et tout supporter interpellé lors d'un incident pourra être interdit de fréquenter les stades, les fan zones et certains quartiers des villes hôtes les veilles et jours de match, a affirmé le ministre.

Le dispositif de sécurité critiqué

Des voix avaient commencé à s'interroger, parmi les responsables politiques notamment, sur l'efficacité du dispositif de sécurité prévu pour l'ensemble de la compétition, qui s'achève le 10 juillet.

Samia Ghali, maire socialiste des 15e et 16e arrondissements de Marseille, ainsi que le député (Les Républicains) des Alpes-Maritimes Eric Ciotti avaient ainsi plaidé pour l'interdiction de la vente d'alcool les jours de matches et dans les fan zones.

Pour Bernard Cazeneuve, les critiques sont "injustes et irresponsables". Ces violences sont "aussi inacceptables pour les forces de police dont j'observe avec consternation le énième procès en responsabilité que certains ont d'ores et déjà commencé à instruire, sans s'interroger sur la question fondamentale et récurrente des violences engendrées par certaines compétitions de football", a-t-il regretté.

En amont de l'Euro, et en prévision de violences en marge des matches, Bernard Cazeneuve avait prononcé 3 000 interdictions d'entrées sur le territoire. Le gouvernement britannique a de son côté retenu les passeports de 3 000 "hooligans" pendant la durée de la compétition. Des "spotters" étrangers, spécialistes du hooliganisme chargés de repérer d'éventuels fauteurs de troubles, assistent également les policiers français avant chaque rencontre "à risque".

À Marseille, où 1 200 policiers et gendarmes sont déployés, ce sont quelque 600 supporters russes et anglais "très déterminés" qui se sont affrontés dans l'après-midi sur le Vieux-Port, selon le préfet de police.

Une procédure disciplinaire contre la Russie ouverte par l'UEFA

Plus tôt dans la journée, c'est l'UEFA qui avait annoncé l'ouverture d'une procédure disciplinaire contre la Fédération russe de football (RFU).

L'instance européenne de football, qui gère la compétition mais n'a pas autorité sur les incidents en marge des rencontres, du ressort des autorités françaises, reproche aux supporters russes d'avoir attaqué des supporters anglais dans les tribunes à l'issue du match contre l'Angleterre (1-1), d'avoir entonné des chants racistes et d'avoir lancé des fumigènes. Des sanctions pourraient être décidées dans les prochains jours contre la Russie, mais aussi contre l'Angleterre, "pouvant aller jusqu'à la disqualification potentielle de leur sélection" de la compétition, a prévenu l'UEFA dans un communiqué.

Shocking behaviour in #Marseille shot this video tonight driving to my hotel #Eng @EURO2016 pic.twitter.com/7n4f4lAxD2

— Owen Humphreys (@owenhumphreys1) June 10, 2016

Le ministre russe des Sports a réagi dimanche, estimant que l'UEFA avait eu raison d'ouvrir une procédure disciplinaire à l'encontre de la RFU. "C'était la bonne chose à faire. (...) Il y a eu des affrontements dans les tribunes et il est nécessaire de résoudre ce problème", a déclaré Vitali Moutko, cité par l'agence sportive russe R-Sport.

L'UEFA a toutefois reconnu "des problèmes de séparation" entre supporters au Vélodrome et promet un "dispositif renforcé" du personnel de sécurité dans les stades de l'Euro-2016 en "collaboration avec les autorités françaises". L'UEFA a également fait part de ses "préoccupations sérieuses" devant ces incidents. "Ce type de comportement est totalement inacceptable et n'a pas de place dans le football", indique encore l'Union européenne du football.

Huit personnes, dont des Français et des Britanniques, ont été interpellées dans la nuit de samedi à dimanche pour les violences du Vieux-Port, a-t-on indiqué de source policière. Cinq sont poursuivies pour des violences sur personne dépositaire de l'autorité publique, une pour dégradations volontaires et deux pour violence avec arme. Elles devraient être présentées à la justice en comparution immédiate lundi.

Des heurts ont également éclaté samedi soir à Nice, où une bagarre entre un groupe de locaux et des supporters nord-irlandais et polonais a fait neuf blessés à la veille de Pologne-Irlande du Nord, selon la préfecture des Alpes-Maritimes. Trois personnes ont été interpellées.

Avec AFP et Reuters