Au menu de cette revue de presse internationale, mardi 31 mai, la condamnation à la prion à vie d’Hissène Habré, pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, une déclaration d’Erdogan sur la contraception, et une affaire de gorille abattu.
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On commence cette revue de presse internationale avec la condamnation, hier, à la prison à vie de l'ancien président du Tchad Hissène Habré.
L’ex-chef d’Etat a été reconnu coupable de crimes contre l'humanité, viols, exécutions, esclavage et enlèvement par le Tribunal spécial africain de Dakar, au Sénégal, selon le Journal du Tchad, qui rappelle qu’Hissène Habré s'était emparé du pouvoir par les armes en 1982. S’ensuivirent huit ans de règne au cours desquels l’ancien dirigeant aurait agi en «bourreau implacable», en «architecte d'une répression terrible». A l'énoncé du verdict, Hissène Habré, en turban et boubou blancs, lunettes noires sur le nez, a levé les bras en saluant ses partisans et crié: «A bas la Françafrique!». The Guardian, au Royaume-Uni, voit dans ce procès «un précédent important», «un pas en avant significatif» vers une mise en cause des dirigeants africains qui se seraient rendus coupables d’abus en matière des droits de l’Homme. Le journal relève le rôle crucial de l’Union africaine dans la tenue de ce procès, dont la tenue doit aussi beaucoup à l’entrée en fonction du nouveau président sénégalais en 2012. Macky Sall a rompu avec la ligne de son prédécesseur, Abdoulaye Wade, qui refusait de traduire en justice l’ex-dictateur tchadien, réfugié au Sénégal depuis 1990.
En Turquie, où Recep Tayip Erdogan en a appelé aux mères de famille pour accroître la population turque. «Aucune famille musulmane» ne peut accepter la contraception et le planning familial. «Ce que dit mon Dieu, ce que dit mon cher prophète, nous irons dans cette voie», a déclaré hier le président turc, lors d’un discours à Istanbul. Des propos rapportés par le journal turc Hurryiet, qui rappelle qu’Erdogan avait déjà assuré que les femmes devaient avoir au moins trois enfants, critiqué l'avortement décrit comme un «crime contre l'Humanité», et dénoncé la «trahison contre des générations de Turcs» incarnée selon lui par le planning familial. «Je sais qu'il y en aura encore qui en seront gênés, mais pour moi la femme est avant tout une mère», avait aussi assuré Recep Tayip Erdogan à l'occasion de la Journée des droits des femmes, le 8 mars dernier. Selon L’Express, ses dernières déclarations ont fait réagir vivement l'opposition et les mouvements féministes turcs. «Vous ne pourrez pas usurper notre droit à la contraception, ni nos autres droits, avec vos déclarations moyenâgeuses. Nous défendrons nos droits», a notamment répondu le collectif «Kadin Cinayetleri», qui milite contre les violences faites aux femmes en Turquie.
On termine cette revue de presse avec une histoire survenue le week-end dernier dans un zoo de Cincinnati, aux Etats-Unis. Le point de départ de cette histoire, c’est qu’un gorille a dû être abattu pour protéger un enfant qui était tombé dans son enclos. Triste histoire, mais pourquoi la raconter ici, me demanderez-vous? Parce que ce fait divers a pris des proportions assez surprenantes outre-Atlantique, à en croire le site Cincinnati.com, qui rapporte que dès le lendemain de la disparition tragique du gorille, une pétition a été lancée pour que les parents de l’enfant tombé dans la cage, soient tenus responsables du drame. «Ce magnifique gorille a perdu la vie parce que des parents ne surveillaient pas leur enfant», peut-on lire sur cette pétition, intitulée «Justice for Harambe», du nom de la bestiole. «Ce qui est arrivé est le résultat de leur négligence. Le zoo ne peut être tenu responsable des blessures du garçon et d'un éventuel traumatisme qu'il a pu subir», ajoutent ses auteurs, qui ont récolté plus de 75.000 signatures en deux jours. D’après The Washington Post, qui raconte qu’une page Facebook a aussi été créée par les nouveaux amis de feu Harambe, certains d’entre eux auraient même tout à fait dépassé les bornes, un internaute danois allant jusqu’à déclarer que le fait de tuer un animal appartenant à une espèce menacée est «pire que de commettre un meurtre». «Les accidents arrivent. Je suis reconnaissante que les bonnes personnes se soient trouvées au bon endroit au bon moment» pour protéger mon enfant, s’est défendue la mère du jeune garçon, selon The Independent.
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