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Nouveaux suspects dans l'enquête sur le meurtre de Hariri

Un rapport de la Commission internationale d'enquête sur le meurtre de l'ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri indique que de "nouvelles informations" pourraient permettre de rallonger la liste des suspects.

AFP - De nouveaux indices pourraient permettre de lier de nouveaux individus au réseau criminel responsable de l'assassinat de l'ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri, indique le dernier rapport de la Commission d'enquête internationale sur ce meurtre, publié mardi.

La Commission a recueilli "de nouvelles informations qui lui permettront peut-être de lier de nouveaux individus au réseau qui a perpétré l'assassinat", dit ce rapport remis au Conseil de sécurité de l'ONU, sans toutefois nommer aucun de ces individus.

La Commission a également fait "de nouvelles découvertes qui aident à identifier l'origine géographique possible du kamikaze", ajoute le rapport.

Représentant éminent de la classe politique libanaise opposée à la domination exercée par la Syrie sur le Liban, Rafic Hariri a été assassiné le 14 février 2005 dans un attentat à la camionnette piégée à Beyrouth qui a tué 22 autres personnes.

L'enquête a déjà permis d'établir que la camionnette était conduite par un kamikaze, mort dans l'attentat.

Il s'agit du 11e rapport de la Commission, désormais présidée par le Canadien Daniel Bellemare.

Le 10e rapport, publié en juin, affirmait que l'assassinat de Rafic Hariri avait été commis par un "réseau criminel" d'individus, qu'il ne nommait pas pour assurer la sécurité et la poursuite de l'enquête.

Depuis juin, la Commission a aussi "découvert de nouveaux éléments permettant de corroborer l'existence de liens entre l'assassinat d'Hariri et d'autres attentats avec lesquels de tels liens avaient déjà été établis", ajoute le dernier rapport.

Certaines indications laissent penser "qu'il pourrait aussi y avoir un lien entre le meurtre d'Hariri et un autre attentat avec lequel une telle connexion n'avait pas encore été faite". Le rapport ne précise toutefois pas de quel attentat il s'agit.

La Commission, créée pour enquêter sur l'assassinat de Rafic Hariri, a également été mandatée par le Conseil de sécurité pour apporter une aide au gouvernement libanais dans ses enquêtes sur 20 autres attentats commis depuis 2004 au Liban, généralement contre des personnalités antisyriennes.

La Commission a récupéré "une arme qui a été prétendument utilisée dans l'attentat contre l'ancien ministre Pierre Gemayel", ajoute le rapport. Cette arme, est-il précisé, a été envoyée dans un laboratoire étranger pour des analyses balistiques dont les résultats sont attendus dans les prochaines semaines.

Ministre de l'Industrie, Pierre Gemayel avait été assassiné le 21 novembre 2006, dans la banlieue nord de Beyrouth.

Selon le rapport, la Commission a continué à travailler étroitement avec les autorités libanaises et "la coopération fournie par les autorités syriennes continue d'être généralement satisfaisante".

Au début de l'enquête, Damas avait été accusé de ne pas coopérer par un des prédécesseurs de M. Bellemare, l'Allemand Detlev Mehlis.

Le rapport prend enfin note de la décision du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, de faire commencer le 1er mars les travaux du Tribunal spécial qui devra juger, à La Haye, les futurs inculpés dans cette affaire. Il demande en conséquence l'extention jusqu'au 28 février du mandat de la Commission d'enquête, qui expire fin décembre.

Lorsque son enquête sera terminée, M. Bellemare deviendra le procureur de ce tribunal.