
Le PS a remporté cinq des treize régions métropolitaines au second tour des élections régionales de dimanche. Loin de tout triomphalisme, ses dirigeants ont estimé que le danger de l’extrême droite n’était pas écarté.
La gauche a tiré son épingle du jeu, malgré la perte de la région Île-de-France, au second tour des élections régionales, dimanche 13 décembre, en conservant cinq régions, et en voyant sa stratégie pour faire barrage au Front national couronnée de succès.
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Ces résultats laisseront néanmoins un goût amer au parti socialiste (PS), qui dirigeait quasiment toutes les régions françaises depuis 2010, sauf l'Alsace. En outre, arrivé troisième au premier tour des élections en régions Nord-Pas-de-Calais-Picardie et PACA, le PS a dû sacrifier ses élus pour laisser les meilleures chances au parti Les Républicains (LR). En Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne, le maintien de Jean-Pierre Masseret, malgré les consignes de Solférino, s'est soldé par la victoire du candidat LR Philippe Richert.
D'abord très incertain en Île-de-France, le scrutin a finalement tourné à l'avantage de l'ancienne ministre Valérie Pécresse (LR). La défaite est cuisante pour Claude Bartolone, qui n'a pas réussi à conserver à gauche la première région française (30% du PIB), après dix-sept ans de règne du socialiste Jean-Paul Huchon. Il a annoncé dans la soirée, comme il s'y était engagé, qu'il remettait son mandat de président de l'Assemblée nationale en jeu.
La gauche, qui se disait dès avant le premier tour, confiante pour les trois régions de l'Ouest (Bretagne, Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon), les remporte effectivement haut la main, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian obtenant même la majorité absolue (51,4%) en Bretagne.
Autres régions tombées dans l'escarcelle de la gauche, à la faveur de triangulaires très serrées : le Centre-Val-de-Loire et la Bourgogne-Franche-Comté, où avait plané entre les deux tours l'ombre d'une possible victoire du FN.
"Aucun soulagement"
Malgré ces résultats meilleurs qu'attendus, l'heure n'était pas aux démonstrations de joie dans les rangs de la majorité dimanche soir. "Ce soir : aucun soulagement, aucun triomphalisme. Le danger de l'extrême droite n'est pas écarté", a rapidement réagi Manuel Valls.
Une réserve bien compréhensible : « L’abstention reste très élevée (41,3 %, NDLR), le score du FN reste très important, et la gauche a dû se retirer dans deux régions (Nord-Pas-de-Calais-Picardie et PACA, NDLR). Pour la première fois de son histoire, le PS a été absent au second tour d’une élection régionale », rappelle Julie Dungelhoeff, envoyée spéciale de France 24 au siège du PS, rue de Solférino, à Paris.
Discours de Jean-Christophe Cambadélis
"Pour le Parti socialiste, ces résultats constituent un succès sans joie", a pour sa part considéré le Premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis. "Sans joie, (...) parce que l'abstention est encore trop forte. Sans joie, parce que l'extrême droite est décidément trop haut. Sans joie enfin, parce que des candidats de gauche ont dû se retirer en vue du second tour", a-t-il expliqué.
Le premier secrétaire a appelé le gouvernement à infléchir sa politique pour "faire barrage aux inégalités". "Nous ne pouvons plus continuer comme cela. Il faut agir contre la précarité et pour l'activité, comme nous nous sommes attaqués à la compétitivité et à la refondation de l'école", a-t-il estimé.
"C'est l'inflexion qui doit intervenir dans les dix-huit mois à venir", a-t-il appuyé.
À l'aile gauche du parti, les frondeurs voient dans les résultats des régionales des motifs renouvelés pour réclamer un "nouvel agenda politique" et un rassemblement de la gauche. Leur chef de file Christian Paul a salué un "sursaut civique remarquable" qui a mis en échec le FN, tout en invitant les socialistes à "ne pas pratiquer la politique de l'autruche".