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La crise des migrants s’invite à la rencontre Merkel-Hollande sur l’Ukraine

Angela Merkel et François Hollande se retrouvent lundi à Berlin pour une réunion initialement consacrée à l'Ukraine. Mais face à la pire crise migratoire depuis 70 ans, ils devraient aussi s'accorder sur la gestion des réfugiés au niveau européen.

Lundi 24 août, Angela Merkel et François Hollande se retrouvent à Berlin. À l’origine prévue pour traiter du conflit en Ukraine avec le président ukrainien Petro Porochenko, la rencontre devrait permettre à la chancelière allemande et au président français d’accorder leurs exigences à l'égard des autres Européens afin de répondre à la pire crise migratoire depuis la Seconde guerre mondiale.

Dans un premier temps, Angela Merkel recevra François Hollande à 14h45 GMT (16h45 en France), pour une déclaration conjointe, alors que Paris et Berlin reprochent à l'UE son manque d'initiative face à l'afflux sans précédent de migrants en Europe.

Au moins 2 000 migrants supplémentaires sont parvenus dans la nuit de dimanche à lundi en Serbie, ces personnes viennent s'ajouter aux 7 000 passages enregistrés durant le week-end en provenance de Macédoine, qui a rouvert sa frontière avec la Grèce samedi après trois jours de fermeture.

>> À lire sur France 24 : "Pourquoi la Macédoine a-t-elle fermé sa frontière aux migrants ?"

Selon le ministère français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, outre la rencontre Hollande-Merkel ce lundi, il faut prévoir dans les jours qui viennent une "réunion des ministres de l'Intérieur ou des Affaires étrangères". "C'est exactement le genre de problème qu'il faut comprendre comme un problème commun", a renchéri son homologue tchèque Lubomir Zaoralek.

Actes de violence en Allemagne

En dehors des Balkans, les garde-côtes italiens ont coordonné le sauvetage de 4 400 migrants en Méditerranée pour la seule journée de samedi, tandis que les autorités grecques se montrent complètement débordées par l'afflux de réfugiés syriens sur l'île touristique de Kos.

>> À lire sur France 24 : "Immigration clandestine : la route des Balkans, nouveau chemin vers l'Ouest"

En Allemagne, un nombre record de 800 000 demandes d'asile est attendu pour cette année, si bien que le pays peine à assurer l'accueil de tous. Parallèlement des actes de violence, généralement imputés à l'extrême-droite, se font de plus en plus fréquents.

Angela Merkel a dénoncé lundi les "abjectes" violences d'extrême droite commises durant le week-end en Saxe (est de l'Allemagne) et ne tolère pas que les réfugiés soient accueillis en Allemagne par des "braillards ivres", a déclaré son porte-parole, usant de termes inhabituellement forts.

Le vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel, voyant dans cette arrivée sans précédent de migrants "le plus grand défi de l'Allemagne depuis la Réunification" du pays, s'était montré dimanche virulent face au manque de réaction des pays européens.

Trois convois russes

Une heure après l'entretien d'Angela Merkel et François Hollande doit se joindre à eux Petro Porochenko, avant une brève conférence de presse à 16h45 GMT (18h45 en France), pour une rencontre officiellement consacrée à "la situation en Ukraine ainsi que la mise en application des mesures des accords de Minsk".

C'est la première fois depuis la signature en février de ces accords de paix que les dirigeants allemand, français et ukrainien se retrouvent ensemble. Mais cette fois sans Vladimir Poutine, ce que Kiev veut présenter comme le fait que "la France et l'Allemagne sont dans le même bateau que nous", selon une source ukrainienne.

Lundi matin, Petro Porochenko a accusé la Russie d'avoir envoyé trois "gros convois militaires" la semaine dernière dans l'Est séparatiste prorusse et d'avoir fourni aux rebelles "jusqu'à 500 chars, 400 systèmes d'artillerie et 950 véhicules blindés", sur une période non précisée.

Les accords de paix de Minsk 2 avaient permis d'instaurer une trêve plus ou moins respectée dans un conflit ayant tué 6 800 personnes en 16 mois, dont 1 500 depuis la signature de ces accords. Mais une nouvelle montée des tensions est apparue récemment dans l'est de l'Ukraine, Kiev et les séparatistes ayant annoncé lundi dernier la mort de 10 personnes, dont huit civils, tout en faisant état d'intenses bombardements.

Avec AFP