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Le chef du Hezbollah a reconnu, dimanche, pour la première fois, que ses combattants étaient présents "partout en Syrie" aux côtés des forces du régime de Damas, et a appelé à l'union sacrée contre le groupe État islamique.

Hassan Nasrallah a reconnu, dimanche 24 mai, pour la première fois, que son mouvement combattait "partout en Syrie" aux côtés du régime syrien, alors que jusqu’ici sa présence en Syrie était officiellement limitée aux zones frontalières avec le Liban. Le secrétaire général du Hezbollah libanais a aussi appelé à l'union sacrée au Moyen-Orient pour combattre les jihadistes de l’organisation de l'État islamique (EI), qui représentent selon lui "un danger inédit dans l'histoire qui menace l'humanité".

"Bataille existentielle"

Pour le chef du mouvement politico-militaire chiite, qui intervenait sur un écran géant à Nabatiyé (sud), lors d'un rassemblement pour le 15e anniversaire du retrait israélien du Liban, "la bataille contre le projet takfiri (des groupes extrémistes sunnites, dont le Front al-Nosra, NDLR) est une bataille existentielle à laquelle sont confrontés le Liban et la région ; et lorsqu'il s'agit d'une bataille existentielle, toutes les autres passent au second plan".

Et d’ajouter : "J'invite tout le monde au Liban et dans la région à prendre ses responsabilités face au danger que représente le projet takfiri, à sortir de l'hésitation et de la neutralité", a-t-il dit alors que l'EI renforce depuis plusieurs semaines ses positions, en Syrie comme en Irak. Il a appelé les peuples de la région à coopérer en s'appuyant sur les "amis véritables", "avec, à leur tête, l'Iran". Téhéran, qui est le parrain militaire et financier du Hezbollah, est engagé dans la bataille contre l'EI en Irak via les milices chiites qui sont sous son influence.

Hassan Nasrallah a justifié tout au long de son discours la participation des combattants du Hezbollah contre la rébellion et les jihadistes dans une guerre qui a fait 220 000 morts en quatre ans : "Notre combat en Syrie est passé par plusieurs phases. (Aujourd'hui) nous combattons aux côtés de nos frères syriens, de l'armée et du peuple et de la résistance populaire à Damas, à Alep, à Deir Ezzor, Qousseir, Hassaké et Idleb."

"Nous sommes présents aujourd'hui dans beaucoup d'endroits et nous serons présents partout en Syrie où notre présence est requise pour la bataille", a-t-il martelé, alors que jusqu'à présent il avait expliqué que ses forces agissaient seulement pour défendre la frontière libanaise et les lieux saint chiites.

Saad Hariri critique ce discours

Présentant son mouvement comme l'avant-garde de la lutte contre les jihadistes, il a lancé à l’encontre de ses rivaux politiques libanais : "Ne soyez pas effrayés d'une victoire du Hezbollah, ayez peur d'une défaite de notre part." Il a affirmé que "le danger vise tout le monde" et "personne ne doit faire la politique de l'autruche".

Mais l'ancien Premier ministre libanais Saad Hariri, leader du camp anti-Hezbollah hostile au régime en Syrie, a aussitôt critiqué ce discours. "Défendre le pays, la souveraineté et la dignité (du Liban) n'est pas de la responsabilité du Hezbollah", a-t-il indiqué, affirmant ne pas avoir besoin de prouver que son mouvement, le Courant du Futur, est hostile à l'EI.

Saad Hariri a ajouté que pour son mouvement, "l'État libanais et ses institutions légitimes sont notre seul choix, garantie et salut". "Tout discours évoquant d'autres garanties (...) est inacceptable, absurde et suicidaire."

L'intervention directe du mouvement chiite libanais dans la guerre en Syrie a accru les tensions confessionnelles entre chiites et sunnites au Liban, les premiers étant largement en faveur du régime syrien alors que les seconds appuient la rébellion.

Avec AFP