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François Hollande et Angela Merkel ont lancé, jeudi à Kiev, une nouvelle initiative diplomatique pour obtenir un cessez-le-feu dans l'est de l'Ukraine, toujours en proie aux combats entres séparatistes et forces gouvernementales.

Peut-être un nouvel espoir de paix ? La France et l'Allemagne ont lancé, jeudi 5 février, une nouvelle initiative diplomatique pour tenter de ramener la paix dans l'est de l'Ukraine, où les combats entre séparatistes et forces gouvernementales se sont intensifiés ces derniers jours.

Le président François Hollande et la chancelière Angela Merkel sont arrivés à Kiev pour présenter une proposition de sortie de crise "acceptable par tous", avant de se rendre vendredi à Moscou où ils présenteront également leur initiative. Iouri Ouchakov, conseiller diplomatique de Vladimir Poutine, a d'ores et déjà assuré que le président russe était prêt à des "discussions constructives". Quant à la présidence ukrainienne, elle a estimé que ce plan "laissait espérer un cessez-le-feu". 

Conclu en septembre sous l'égide de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), le protocole de Minsk, qui prévoyait un cessez-le-feu immédiat et le départ des "groupes armés illégaux", n'a pratiquement jamais été respecté. Une nouvelle tentative pour obtenir une trêve s'est soldée par un échec samedi 31 janvier dans la capitale biélorusse.

"Il y a à partir d'aujourd'hui deux options : soit on rentre dans une logique qui consiste à armer les protagonistes puisque les uns le font, les Russes par rapport aux séparatistes", a dit le président français lors d'une conférence de presse à l'Élysée. "Et puis il y a une autre option, a-t-il poursuivi, elle n'est pas sûre de réussir mais, si elle n'est pas tentée, nous ne le saurons jamais, c'est l'option de la diplomatie, de la négociation, elle ne peut pas être prolongée indéfiniment."

Livraisons d'armes ?

Le secrétaire d'État américain John Kerry est également arrivé dans la matinée dans la capitale ukrainienne, alors qu'outre-Atlantique le débat est animé depuis plusieurs jours sur l'opportunité ou non de livrer des armes létales à Kiev, comme une manière de répondre à Moscou.

John Kerry, qui a rencontré le président Petro Porochenko et le Premier ministre Arseni Iatseniouk, a souligné que les États-Unis "préféraient une solution diplomatique pour l'Ukraine" mais "ne fermeraient pas les yeux" sur la présence de chars et soldats russes aux côtés des rebelles et ne voulaient pas d'une "paix à sens unique". Il a déclaré que Barack Obama prendrait "bientôt" une décision sur la fourniture d'armes à Kiev.

Petro Porochenko, lui, a appelé les pays de l'Otan à armer son pays pour faire face à l'insurrection.

Mais plusieurs membres de l'Alliance sont hostiles à cette idée. "Ce n'est pas une solution", a dit le chef de la diplomatie italienne, Paolo Gentiloni. "L'UE doit maintenir la pression par les sanctions, pas par les armes."

"La France ne rentre pas dans le débat de la fourniture des armes", a de son côté déclaré François Hollande lors de sa conférence de presse.

Réunion de l'Otan

Les États membres de l'Union européenne se sont par ailleurs d'ailleurs mis d'accord sur une nouvelle liste de personnes physiques et morales russes et ukrainiennes pro-russes visées par des sanctions. Cette nouvelle liste concerne 19 personnes physiques, dont cinq ressortissants russes, et neuf personnes morales, dont une entreprise russe, mais aucune n'est de premier plan ou de haut rang.

Dans le même temps, les ministres de la Défense des pays de l'Otan se sont réunis à Bruxelles pour renforcer la présence de l'Alliance en Europe de l'Est en y établissant un réseau de petits centres de commandement afin de répondre le plus rapidement possible à toute menace.

Les ministres doivent plus que doubler les effectifs de la force de réaction rapide existante, qui passeraient de 13 000 à 30 000 hommes, et créer une autre force d'intervention encore plus réactive, capable d'être opérationnelle en quelques jours, forte de 5 000 hommes et dotée d'un appui aérien et naval.

Avec Reuters