
Philippe Martinez, numéro un de la Fédération de la métallurgie, a été élu mardi secrétaire général de la CGT à la quasi-unanimité par le "Parlement" de la centrale, succédant à Thierry Lepaon démissionnaire, après des semaines de crise.
Presque inconnu il y a trois mois, Philippe Martinez prend la tête de la CGT. Le syndicat a confié, mardi 3 février, au numéro un de la Fédération de métallurgie, le soin de le sortir de la crise la plus grave de son histoire. Il succède à Thierry Lepaon, poussé à démissioner après la polémique sur son train de vie.
Philippe Martinez, 53 ans, a obtenu 93,4 % des voix du Comité confédéral national (CCN), a annoncé à l'AFP une source interne. L'équipe de dix membres qui formera le nouveau bureau confédéral a obtenu, elle, 88,8 % des voix. Il est sorti de l'ombre début décembre, quand Thierry Lepaon, qui envisageait encore d'aller au bout de son mandat, a proposé d'en faire, le moment venu, son successeur.
Le CCN avait refusé une première fois le 13 janvier d'accorder à Philippe Martinez les deux-tiers des voix dont il avait besoin, jugeant son équipe trop proche de l'ex-numéro un. Thierry Lepaon avait été acculé à la démission une semaine plus tôt, après des révélations dans la presse sur les dépenses engagées par la centrale pour rénover son appartement de fonction et son bureau, mais aussi sur des indemnités qu'il avait perçues.
Philippe Martinez, 53 ans, taille moyenne, visage rond, épaisse moustache noire à la gauloise sous un crâne dégarni, devra préparer le congrès du printemps 2016, rassembler et remettre au travail une CGT coupée en deux et paralysée par les dissensions.
Le nouveau secrétaire général a présenté mardi une équipe largement renouvelée. Le nouveau bureau confédéral est composé de cinq femmes et de cinq hommes, dont Philippe Martinez. Son mandat court jusqu'au printemps 2016, date du prochain Congrès.
Colette Duynslaeger (numéro un de La Poste) a été élue au poste sensible d'administrateur-trésorier avec 82 % des voix. Font également leur entrée dans le bureau confédéral : Virginie Gensel-Imbrecht (Énergie), Pascal Joly (Union régionale Île-de-France), Gisèle Vidallet (Union départementale Haute-Garonne), Céline Verzeletti (fonction publique), Denis Lalys (organismes sociaux), Fabrice Angéï (services publics), Marie Saavedra (UD Vaucluse) et Grégory Roux (cheminots).
La démission de Thierry Lepaon, élu en mars 2013, avait été réclamée par une large partie de la CGT, après les révélations de presse successives le concernant depuis fin octobre. Sa démission le 7 janvier est la première d'un secrétaire général depuis 1909.
Avec AFP et Reuters