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Quelques 150 combattants kurdes irakiens sont entrés vendredi soir avec leurs armes dans la ville syrienne de Kobané, assiégée par les jihadistes de l'organisation de l'État islamique.
Les quelque 150 combattants kurdes irakiens qui patientaient en Turquie sont entrés vendredi 31 octobre au soir dans la ville syrienne de Kobané. Stationnés dans la ville frontalière de Suruç depuis deux jours, ces peshmerga viennent prêter main forte aux forces kurdes assiégées par les jihadistes de l’organisation de l’État islamique (EI).
D'après l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), 20 véhicules, transportant les hommes et leurs armes, dont des canons, ont franchi la frontière à l'ouest de Kobané et non au poste-frontière de Mursitpinar, juste au nord.
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Leur entrée dans la ville, qu'une petite délégation de dix peshmerga était venue préparer sur place la veille, a été précédée par de nouvelles frappes de la coalition internationale visant des positions jihadistes, a indiqué le président de l'OSDH Rami Abdel Rahmane.
Erdogan critique à Paris la stratégie de la coalition à Kobané
Ces renforts, annoncés de longue date, sont entrés à Kobané le jour où le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui n'a accepté de laisser des peshmerga transiter par son pays que sous la pression américaine, a de nouveau critiqué la stratégie de la coalition.
"Pourquoi les forces de la coalition bombardent continuellement cette ville de Kobané ? (...) Pourquoi pas d'autres villes, pourquoi pas Idleb (nord de la Syrie) ?", s'est interrogé le président Erdogan à Paris, où il était reçu par le président François Hollande. "On ne parle que de Kobané, qui est à la frontière turque et où il n'y a presque plus personne à part 2 000 combattants", a-t-il ajouté.
En dépit des appels répétés de ses alliés à la voir jouer un plus grand rôle dans la lutte contre l'EI en Syrie, la Turquie se refuse toujours à intervenir militairement et à laisser franchir la frontière à des combattants kurdes de Turquie, provoquant la colère de cette communauté.
Avec AFP