
Une délégation de dix peshmerga, combattants kurdes irakiens, est entrée jeudi à Kobané, a annoncé l'OSDH. Ils coordonnent, avec les combattants kurdes sur place, le passage des armes pour défendre la ville, assiégée par l'EI depuis 40 jours.
À Kobané, les combattants kurdes comptent les heures depuis que l'arrivée de leur frères d'armes du Kurdistan irakien est annoncée. Jeudi 30 octobre, une délégation d'une dizaine de peshmerga est arrivée dans la ville kurde du nord de la Syrie, assiégée depuis le 16 septembre par les jihadistes de l’organisation État islamique (EI), selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).
"Une dizaine de membres des peshmerga kurdes sont entrés dans la ville d’Aïn al-Arab (Kobané en arabe) via le poste frontière entre la ville et le territoire turc", écrit l’OSDH. Entrée à Kobané via Mursitpinar, la délégation "a été directement récupérée par les membre du YPG (Unités de protection du peuple kurde, NDLR)", confirme Roméo Langlois depuis Sanliurfa, près de la frontière turco-syrienne. Selon l'envoyé spécial de France 24, cette délégation, peu nombreuse, "met en oeuvre avec les membres du YPG le plan d'action pour acheminer puis sécuriser les armes lourdes" qui doivent être livrées par les peshmerga.
Au total, près de 150 peshmerga, chargés d'armes lourdes, doivent rejoindre la ville. En attendant de pouvoir passer la frontière, ils patientent du côté turc dans un dépôt de la police situé à la lisière de Suruç. Le moment de leur arrivée reste incertain. Si l'OSDH estime que cela peut être "dans les prochaines heures", Roméo Langlois prévient que l'attente peut être plus longue. "On ne sait pas si les renforts vont arriver dans les prochaines minutes, les prochaines heures ou les prochains jours", explique ainsi Roméo Langlois depuis Sanliurfa, près de la frontière turco-syrienne.
Les renforts patientent à la lisière de Suruç
Un convoi d'une quarantaine de véhicules est arrivé dans la nuit de mercredi à jeudi dans la ville frontalière turque de Suruç. Les combattants kurdes irakiens ont franchi la frontière entre l'Irak et la Turquie tôt mercredi 29 octobre, ralliant la frontière syrienne après un lent périple au cours duquel ils ont été acclamés par des milliers de Kurdes de Turquie. Ils ont rejoint un premier contingent de combattants venus par avion de la province autonome du Kurdistan irakien.
Les convois peshmerga sont chargés d’armes lourdes : "des canons, des mortiers des pièces d’artillerie et des mitrailleuses lourdes de type 12-7", précise Roméo Langlois. "Les kurdes attendent ces armes avec l'espoir qu’elles feront la différence et qu’elles leur permettront de reprendre Kobané", poursuit le journaliste.
Sous la pression insistante de la coalition menée par les États-Unis, le gouvernement turc a donné, la semaine dernière, son feu vert au passage des combattants peshmerga sur son territoire. À Erbil, la capitale du Kurdistan irakien, le président Massoud Barzani a déjà annoncé qu’il était prêt à envoyer davantage de combattants en renfort si on lui en faisait la demande.
Bombardements de l'EI dans le nord de Kobané
Plus de 40 jours après le début de la bataille, qui a contraint 200 000 Kurdes syriens à fuir en Turquie, aucun camp n'a engrangé de succès décisif à Kobané. Le front nord de la ville continue d’être la cible de violents bombardements de l’EI qui retardent l'entrée de combattants kurdes irakiens, selon l’OSDH. "De très lourds combats ont lieu à la frontière en ce moment", témoigne Roméo Langlois, "l’EI tente par tous les moeyns d’empêcher l'arrivée des convois d'armement", poursuit-il.
Dans la nuit de mercredi à jeudi, l'EI a violemment bombardé le secteur frontalier de Kobané aux obus de mortier et à l'artillerie lourde, et lancé une nouvelle attaque contre un quartier du nord de la ville, proche du poste-frontière avec la Turquie, selon le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane. Les combattants des Unités de protection du peuple (YPG, milice kurde défendant Kobané) "ont mis en échec l'attaque", a-t-il précisé, indiquant toutefois que le bombardement du front nord avait repris dans la matinée avec la même intensité. Il a fait état de "plusieurs morts" dans les rangs de l’EI.
Avec AFP