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Plus de dix jours après la disparition de 43 étudiants au Mexique et la découverte d'une fosse commune, les familles attendent les résultats de tests ADN. Une angoisse insupportable.
Une grande manifestation nationale a lieu au Mexique, mercredi 8 octobre,pour exiger de prompts résultats dans l'enquête sur les six personnes tuées et les 43 étudiants portés disparus après des heurts avec des policiers à Iguala. Plus de dix jours après, des fosses communes comportant au moins 28 corps calcinés et portant des marques de torture ont été retrouvées non loin du lieu de leur disparition.
Angoissées, les familles se raccrochent toutefois à l'espoir que les corps retrouvés ne soient pas ceux de leurs enfants. "Je n'en peux plus. Je veux que mon fils revienne. Je le veux vivant, comme je l'ai quitté. Je ne veux pas de justice, je ne veux rien d'autre que mon cher fils. Il m'aidait tellement à la maison", témoigne Natividad de la Cruz, mère d'un disparu.
"Ils les frappaient"
L’école gratuite, où les jeunes disparus étudiaient le métier d’instituteur, a une forte tradition de contestation sociale. Les intimidations de la part des autorités locales ne sont pas rares. Mais comment imaginer que les choses ont pu déraper aussi violemment ?
Les étudiants, qui ont réussi à échapper à l'enlèvement, racontent à France 24 comment plusieurs patrouilles de police ont bloqué le passage des bus de l'école normale d'Ayotizapa, le 26 septembre. Ils leur ont fait vivre de véritables heures de terreur, empêchant également les ambulances de venir secourir leurs camarades blessés par les balles des policiers.
"Ils les ont presque tous fait descendre de l'autobus. Et ils les ont emmenés dans leurs pickups. Eux, ils protestaient, ils demandaient qu'on les relâche. Ils rappelaient qu'ils n'étaient que des étudiants. Les policiers leur ordonnaient de se taire. Et ils les frappaient", témoigne Omar, qui préfère rester anonyme.
L'armée et la gendarmerie ont été déployés à Iguala, pour remplacer la police locale infiltrée par le crime organisé. Mais la situation reste tendue, et la population craint des représailles.