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"Une surprise" : Jean-Noël Barrot sévit contre l'ambassadeur américain qui a ignoré une convocation
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a déploré, mardi, l'absence de Charles Kushner suite à une convocation au Quai d'Orsay. "Quand on a l'honneur de représenter son pays comme ambassadeur, on respecte les usages les plus élémentaires de la diplomatie", a-t-il notamment affirmé. Le diplomate s'est vu révoquer un accès direct au gouvernement.
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, tient une conférence de presse à la Résidence des Pins, résidence officielle de l'ambassadeur de France au Liban, à Beyrouth, le 6 février 2026. © Mohamed Azakir, Reuters

"C'est une surprise", a réagi, mardi 24 février, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, sur France info, alors que l'ambassadeur américain, convoqué la veille au Quai d'Orsay, ne s'est pas présenté. Le chef de la diplomatie française réfute toutefois l'idée qu'il s'agisse d'un camouflet.

Plus tôt, Paris a décidé de révoquer l'accès direct au gouvernement français de l'ambassadeur américain Charles Kushner, qui a ignoré la convocation du ministère des Affaires étrangères après des commentaires sur la mort d'un étudiant d'ultradroite.

Charles Kushner "ne s'est pas présenté" malgré l'appel du ministre des Affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot, a déploré, lundi soir, le Quai d'Orsay. Une source diplomatique a indiqué à l'AFP que l'ambassadeur s'est fait représenter par un responsable de l'ambassade américaine, invoquant des engagements personnels.

Il avait été convoqué en raison de la republication par l'ambassade américaine d'une réaction de l'administration Trump au décès de Quentin Deranque, battu à mort par des membres de l'ultragauche à Lyon, dans le centre-est de la France.

L'ambassade avait relayé un message évoquant des informations qui "devraient tous nous préoccuper".

"Les usages les plus élémentaires de la diplomatie"

"Quand on a l'honneur de représenter son pays, les États-Unis d'Amérique en France, comme ambassadeur, on respecte les usages les plus élémentaires de la diplomatie et on répond aux convocations du ministère des Affaires étrangères", a déclaré Jean-Noël sur France Info.

"Face à cette apparente incompréhension des attendus élémentaires de la mission d'ambassadeur ayant l'honneur de représenter son pays, le ministre a demandé qu'il ne puisse plus accéder directement aux membres du gouvernement français", a annoncé le ministère des Affaires étrangères.

Sollicité à plusieurs reprises par l'AFP, l'ambassade des États-Unis n'a pas donné suite aux demandes.

Jean-Noël Barrot a cependant assuré que cet incident, qui relève de la "responsabilité personnelle" de l'ambassadeur, n'affecterait "en rien la relation entre la France et les États-Unis" qui fêtent cette année leur 250e anniversaire.

"Elle en a vu d'autres, mais ça affectera naturellement sa capacité à exercer sa mission dans notre pays", a-t-il ajouté.

Interrogé sur la possibilité que l'ambassadeur soit déclaré persona non grata, Jean-Noël Barrot n'a pas directement répondu. Il a souligné la nécessité d'"avoir avec lui une explication".

"Je crois que tous les Français partagent le même sentiment", a-t-il insisté. "Nous n'acceptons pas que des pays étrangers puissent venir interférer puis s'inviter dans le débat politique national, quelles que soient les circonstances".

"C'est cette explication que nous devons avoir", a-t-il ajouté, précisant que le ministère souhaitait en outre évoquer les sanctions américaines à l'encontre de plusieurs citoyens européens, dont l'ancien commissaire européen Thierry Breton et le juge Nicolas Guillou.

L'administration Trump a dénoncé la violence politique d'extrême gauche et appelé à traduire les responsables de la mort de Quentin Deranque en justice.

"Nous refusons toute instrumentalisation de ce drame (...) à des fins politiques", avait souligné dimanche Jean-Noël Barrot à la radio, estimant que la France n'avait "aucune leçon s'agissant de la violence, en particulier, à recevoir de l'internationale réactionnaire".

La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a également commenté la mort en France de Quentin Deranque, provoquant une passe d'armes avec le président français, Emmanuel Macron, qui l'a priée d'arrêter de "commenter ce qui se passe chez les autres".

Quant à l'ambassadeur américain, en fonctions dans la capitale française depuis l'été dernier, il avait déjà été convoqué fin août au ministère des Affaires étrangères après des critiques jugées inacceptables par Paris sur "l'absence d'action suffisante" d'Emmanuel Macron contre l'antisémitisme.

Charles Kushner est le père de Jared Kushner, gendre du président américain Donald Trump et proche conseiller de celui-ci.

Avec AFP