
Deux semaines après l'attaque du centre commercial de Nairobi, les forces spéciales américaines ont mené samedi deux raids en Somalie et en Libye. Washington annonce avoir arrêté un des leaders d'Al-Qaïda, impliqué dans des attentats en 1998.
Deux raids ont été menés samedi 6 octobre en Somalie et en Libye par les forces spéciales américaines visant deux chefs islamistes soupçonnés d'actes terroristes, dont l'un au moins a été capturé, selon Washington.
Capture d’Abou Anas al-Libi en Libye
Un porte-parole du Pentagone, George Little, a en effet confirmé tard dans la soirée de samedi à Washington que des forces spéciales américaines avaient capturé en Libye Abou Anas al-Libi, un des leaders présumés d'Al-Qaïda, recherché par les États-Unis pour son rôle dans les attentats de 1998 contre les ambassades américaines en Tanzanie et au Kenya.
Abou Anas al-Libi, de son vrai nom Nazih Abdul Hamed al-Raghie, 49 ans, figure parmi les personnalités les plus recherchées par le FBI, qui a offert cinq millions de dollars pour sa capture. Accusé par la justice américaine pour son rôle dans les attentats de 1998, il pourrait être transféré aux États-Unis.
Raid visant un responsable shebab "très recherché"
Plus tôt dans la soirée, ce même porte-parole confirmait un autre raid, lancé cette fois en Somalie et visant un autre islamiste "très recherché" appartenant lui au groupe somalien shebab.
"Je peux confirmer qu'hier, le 4 octobre, des militaires américains ont été engagés dans une opération de contre-terrorisme à l'encontre d'un terroriste shebab connu", a indiqué samedi soir à l'AFP ce porte-parole du Pentagone.
On ignore, en revanche, si ce responsable shebab, dont l'identité n'a pas été révélée, a été tué, capturé ou s'il a échappé au raid des forces spéciales.
Selon un responsable américain cité par le New York Times, ce dirigeant shebab a probablement été tué, mais les forces spéciales américaines ont été obligées de se retirer avant d'avoir confirmation de cette mort. Washington a enfin précisé qu'aucun militaire américain n'avait été blessé au cours de l'attaque.
Il s'agit de la plus importante opération américaine menée sur le sol somalien depuis que des forces spéciales ont tué il y a quatre ans un chef des islamistes shebab, Saleh Ali Saleh Nabhan. Elle survient deux semaines après l'attaque, revendiquée par les shebab, du centre commercial Westgate à Nairobi, et qui a fait au moins 67 morts.
Les "ennemis d'Allah" ont "échoué"
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Si les shebab ont affirmé de leur côté avoir été attaqués dans la nuit de vendredi à samedi, ils ne reconnaissent pas pour autant le succès de l’attaque. Un responsable local, Mohamed Abu Suleiman, a dit à l'AFP que "les ennemis d'Allah ont encore essayé de prendre par surprise les commandants moujahidines dans une attaque tard dans la nuit, en utilisant un hélicoptère militaire, mais on leur a infligé une leçon et ils ont échoué".
Également interrogé par l'AFP, le porte-parole shebab Abdulaziz Abu Musab a assuré, sans en apporter la preuve, que l'opération avait été conjointement menée par des "Britanniques et des Turcs", qui ont débarqué selon lui par bateau sur la plage. Le porte-parole a fait état d'un mort dans les rangs shebab et de "nombreuses victimes" parmi les forces étrangères.
"L'opération ratée a été menée par des Blancs", qui ont accosté à bord de "deux petits bateaux partis d'une plus grande embarcation en mer [...] Un garde shebab a été tué, mais les renforts sont arrivés rapidement et les étrangers ont fui", a-t-il raconté.
Des témoins ont de leur côté fait état d'intenses échanges de tirs dans la nuit.
"J'ai été réveillé par le bruit d'un hélicoptère tournant autour du quartier et quelques minutes plus tard, des coups de feu ont éclaté et duré près de 10 minutes", a raconté un témoin sous couvert d'anonymat.
Les Shebab ont subi d'importants revers militaires dans le centre et le sud somaliens ces deux dernières années, infligés par l'armée éthiopienne et une force de l'Union africaine (Amisom) à laquelle participe le Kenya voisin. L'armée éthiopienne et l'Amisom interviennent pour soutenir les fragiles autorités de Mogadiscio.
Mais les islamistes affiliés à Al-Qaïda contrôlent encore de vastes parties des zones rurales. Barawe est situé à quelque 180 km au sud de la capitale somalienne Mogadiscio. C'est un des rares ports encore contrôlés par les islamistes.
Plusieurs opérations de forces spéciales occidentales ont été menées en Somalie dans le passé, notamment pour tenter de libérer des otages aux mains des islamistes ou de groupes de pirates.
Avec dépêches