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Une photo satellite prise le 31 août laisse penser que la Corée du Nord a remis en marche un des réacteurs nucléaires de la centrale de Yongbyon. Les États-Unis craignent que ce redémarrage serve à accroître l'arsenal nucléaire de Pyongyang.

La Corée du Nord s’apprête-t-elle à redémarrer un de ses réacteurs nucléaires dans un état "épouvantable" ? C’est en tous cas l’avis de l'institut de recherche américain Johns Hopkins, à Washington.

Après avoir examiné une photographie de la centrale de Yongbyon, prise par satellite le 31 août, les chercheurs américains ne semblent avoir presque aucun doute. "La couleur blanche [de la vapeur] et son volume laissent penser qu'il s'agit de vapeur dégagée parce que les générateurs électriques sont sur le point d'entrer en service, ce qui laisse penser que le réacteur est en marche ou sur le point d'être mis en marche", ont-ils déclaré.

Une telle initiative de la part du pays communiste pourrait être une "catastrophe" pour la péninsule coréenne, a indiqué une source russe, elle aussi alertée par le cliché satellite.

Six kilogrammes de plutonium par an

Arrêté en 2007 dans le cadre d’un accord international, "ce réacteur, qui a été construit dans les années 1950, est dans un état épouvantable", a souligné cette source russe. Pour lui, cependant, rien ne permet d’affirmer que le réacteur est sur le point de reprendre ses activités : la cause du dégagement de vapeur visible sur le cliché "pourrait s'avérer être une simple vérification du générateur".

Pourtant, en avril dernier, la Corée du Nord avait annoncé ce redémarrage. Si cette remise en service était avérée, ce réacteur de Yongbyon serait capable de produire 6 kilogrammes de plutonium par an, assez pour fabriquer une bombe nucléaire.

De son côté, l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA) n'était pas en mesure jeudi d'expliquer ce qui se passait en Corée du Nord. "Les inspecteurs de l'AIEA n'ont plus été autorisés depuis avril 2009 à mener des vérifications sur les installations nucléaires en Corée du Nord", a indiqué Gill Tudor, porte-parole de l'AIEA.

Les révélations concernant ce réacteur nord-coréen interviennent au moment où les houleuses relations internationales avec la dictature nord-coréenne connaissent une légère accalmie après un troisième essai nucléaire en février qui avait été suivi d'une menace d'attaque des États-Unis.

Avec dépêches