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Un braquage pour partir faire le djihad en Syrie : cinq hommes arrêtés

Avec l'arrestation d'un homme de 34 ans samedi à Châteauroux, ce sont au total cinq hommes qui sont en garde à vue dans l'enquête sur le braquage d'un restaurant Quick. Les hommes auraient tenté de financer ainsi leur départ pour la Syrie.

Un homme de 34 ans a été interpellé samedi à Châteauroux (Indre) dans l'enquête sur le braquage d'un Quick qui aurait été destiné à financer un départ pour la Syrie, portant à cinq le nombre d'arrestations dans ce dossier, a-t-on appris lundi 9 septembre de source judiciaire. Les quatre autres suspects, des Français âgés de 23, 27, 32 et 33 ans, devaient être, comme le cinquième homme, déférés lundi matin et être éventuellement mis en examen et placés en détention.

Le parquet doit ouvrir une information judiciaire pour "vol avec arme et complicité de vol en relation avec une entreprise terroriste" et "association de malfaiteurs en vue de la préparation d'actes de terrorisme", a précisé la source judiciaire. Les quatre premières interpellations ont eu lieu jeudi après-midi à Paris, Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) et dans les Yvelines, lors d'une opération menée en flagrance par la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). En matière d'antiterrorisme, une garde à vue peut durer jusqu'à quatre jours.

Financer un "éventuel départ pour mener le djihad en Syrie"

Certains des mis en cause, dont le cinquième interpellé, sont soupçonnés d'avoir attaqué mercredi une enseigne de restauration rapide Quick à Coignières, dans les Yvelines, lors d'un braquage auquel trois personnes cagoulées semblent avoir pris part, selon des sources policières. Selon ces sources, cette attaque devait probablement permettre de financer un "éventuel départ pour mener le djihad en Syrie". Le butin était de 2 000 à 2 500 euros.

Selon ces sources policières, les quatre premiers gardés à vue font partie d'une douzaine de personnes surveillées depuis à peu près un an par la DCRI et la Direction du renseignement de la préfecture de police de Paris (DRPP).

200 Français combattent en Syrie

Certains membres de ce groupe se sont déjà rendus en Syrie, apparemment pour y combattre, ont ajouté ces sources. D'autres avaient été repérés par la DRPP lors de manifestations à Paris en 2012 devant l'ambassade des États-Unis, auxquelles avaient pris part des islamistes radicaux.

Selon le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, il y a actuellement "plus d'une centaine de Français ou de résidents en France" qui combattent en Syrie le régime de Bachar al-Assad, dans les rangs de l'opposition officielle ou de groupes islamistes. Des spécialistes du renseignement évaluent à environ 200 le nombre de Français qui auraient choisi depuis un an et demi d'aller combattre en Syrie, devenue une des principales sources de préoccupation des services antiterroristes français.

Avec dépêches