
Le leader du Front national, Jean-Marie Le Pen, a réaffirmé au Parlement européen que c'était une "évidence" que les chambres à gaz étaient un "détail de l'Histoire". Il a déjà été condamné pour des propos similaires.
A quelques mois des élections européennes, le président du Front national, Jean-Marie Le Pen, a réaffirmé mercredi devant le Parlement européen que les chambres à gaz étaient un "détail" de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale, propos pour lesquels il avait déjà été condamné à 183 00 euros d’amende en France.
"Je me suis borné à dire que les chambres à gaz étaient un détail de l'Histoire de la guerre mondiale, ce qui est une évidence", a-t-il déclaré au Parlement européen, sous des huées indignées provenant des bancs de l'hémicycle.
Cette nouvelle sortie intervient alors qu’il est au centre d'une polémique, née de la possibilité qui lui est offerte par le privilège de l’âge de présider la prochaine session inaugurale du Parlement européen. Le leader frontiste a dérapé alors qu’il réagissait à "des accusations diffamatoires" de la part du président du groupe socialiste Martin Schulz. Ce dernier s’était dit préoccupé "par le fait qu'un négationniste de l'Holocauste puisse présider la session inaugurale du Parlement européen", le qualifiant au passage de "vieux fasciste".
"Un cinglé, un malade obsessionnel du négationnisme"
Le député européen Daniel Cohn-Bendit a réagi sur l’antenne de FRANCE 24, en qualifiant le chef de l’extrême droite française "de cinglé et de malade obsessionnel du négationnisme, quand il veut bouffer du juif, il bouffe du juif. Il faut tout faire pour qu’il ne soit pas élu au Parlement européen". Le co-président des Verts a reconnu que l’immunité qui protège la liberté d’expression des eurodéputés permet de tels discours, non sans affirmer qu’il ne faut pas la limiter car "cela reviendrait à toucher une des libertés fondamentales des représentants du peuple".
Ce dérapage savamment contrôlé de Jean-Marie Le Pen offre une tribune médiatique inespérée à un parti marginalisé sur le plan électoral, abandonné par une partie de ses cadres et en proie à de grandes difficultés financières. Les chambres à gaz sont un des thèmes favoris du leader frontiste, qui avait minimisé leur importance pour la première fois en 1987, avant de récidiver dix ans plus tard. Il a été, à plusieurs reprises, condamné pour ses propos.