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À 21 ans, Alexis Pinturault incarne la relève du ski français. Le jeune Savoyard sera le chef de file du camp tricolore lors des Mondiaux qui débutent mardi à Schladming, en Autriche. Portrait.

Sur la piste autrichienne de Schladming, où se déroulent les Mondiaux de ski alpin, Alexis Pinturault va s’aligner sur quatre épreuves : super-G, super combiné, slalom géant et slalom. À seulement 21 ans, le petit prodige représente pour l’équipe de France la plus grande chance de médailles.

"C’est un gamin exceptionnel qui est capable d’être bon partout, se félicite ainsi Gilles Brenier, le capitaine de la délégation tricolore. Il sait où il est. Il a de gros objectifs. Il me bluffe et j’espère qu’il va me bluffer souvent."

Actuellement sixième au classement général de la Coupe du Monde, après deux succès à Wengen (Suisse) et Val d’Isère (France), Alexis Pinturault est sur une bonne dynamique. Malgré son jeune âge, il fait peur aux meilleurs skieurs mondiaux. Son palmarès parle déjà pour lui. Il a été sacré champion du monde junior de slalom géant en 2009 et 2011.

Pour Michel Vion, le président de la Fédération française de ski (FFS), le jeune sportif est un véritable joyau : "Nous avons la chance d’avoir un jeune qui vient tout casser à 21 ans. Nous avons une chance incroyable et nous espérons qu’il va nous ramener un maximum de satisfactions."

Revenir de blessure

Le Savoyard, originaire de la vallée de la Tarentaise, revient pourtant de loin. En juillet dernier, son ascension fulgurante avait été stoppée par une fracture de la cheville. Après des mois de rééducation, Alexis est remonté sur ses skis plus motivé que jamais.

"Je prends l’exemple de Jean-Baptiste [Grange]. Sa blessure ne l’a pas empêché de revenir encore plus fort et de devenir champion du monde. Donc, je ne pense pas que ce soit un frein, et ça peut même me servir", avait ainsi expliqué Alexis au site Sport 365 lors de son retour à la compétition en novembre dernier.

Solide dans sa tête et déjà très mature, le jeune homme affiche une détermination à toute épreuve. Sans complexe, la nouvelle étoile des pistes affiche haut et fort ses ambitions : devenir champion du monde et champion olympique.

"Il a une force de caractère incroyable. Il sait se surpasser quand il faut y aller. Il n’a pas peur de jouer et quand cela passe, il casse la baraque", constate David Chastan, son coach en technique.

Un brin d’arrogance

Luc Alphand, le dernier français vainqueur de la Coupe du monde de ski en 1997, apprécie également cette confiance affichée. L’ancien descendeur ne tarit pas d’éloges sur le skieur de Courchevel : "Il y en a qui dise qu'il est prétentieux, moi je ne le pense pas [...] Il est tout de suite dans ses objectifs, c’est ça qui est bluffant. Il le dit et il le fait. Dans sa tête, il y a un peu du Edgar Grospiron [champion olympique de ski acrobatique en 1992] des grands moments quand il disait : 'Demain je gagne !'"

En Autriche, tous les regards seront donc tournés vers la nouvelle vedette du ski français. La piste de Schladming lui a jusqu’à présent plutôt bien réussi. L’an dernier, Alexis Pinturault y a décroché son premier podium en super-G en finissant deuxième derrière le champion du monde de la discipline, l'Italien Christof Innerhofer.

Avec dépêches