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Italie : dans une interview posthume, le cardinal Martini avertit l'Église qu'elle a "200 ans de retard"

Dans une interview parue samedi en Italie, le cardinal progressiste Carlo Maria Martini, décédé la veille à l'âge de 85 ans, invite l'Église catholique à "admettre ses erreurs" et à se transformer en profondeur.

REUTERS - Dans une interview publiée après sa mort, le cardinal Carlo Maria Martini, ancien archevêque de Milan qui fut naguère considéré comme un successeur possible de Jean-Paul II, estime que l'Eglise catholique a "200 ans de retard".

Le cardinal Martini, un des piliers du camp progressiste de l'Eglise, est mort vendredi à l'âge de 85 ans.

"Notre culture a vieilli, nos églises sont grandes mais vides et la bureaucratie ecclésiastique s'est accentuée, nos rites et nos soutanes sont prétentieux", disait-il dans cette interview que publie samedi le quotidien italien Corriere della Serra.

"L'Eglise, poursuivait-il, doit admettre ses erreurs et entreprendre un changement radical, à commencer par le pape et les évêques."

"Les scandales de pédophilie nous obligent à emprunter la voie de la transformation."

Dans cette ultime interview, le cardinal Martini appelle aussi l'Eglise catholique à revoir son approche du divorce et à s'ouvrir aux familles recomposées.

"Une femme est abandonnée par son mari et trouve un nouveau compagnon pour s'occuper d'elle et de ses enfants: un second amour réussit. Mais si cette famille est victime de discrimination (de la part de l'Eglise), la rupture n'intervient pas seulement avec la mère, mais aussi avec ses enfants", argumente-t-il.

"L'Eglise a 200 ans de retard. Pourquoi ne nous réveillons-nous pas ? Avons-nous peur ?"

Représentant de la branche libérale de l'Eglise catholique, le cardinal Martini, dont la dépouille a été exposée samedi à la cathédrale de Milan, s'était notamment déclaré en faveur du port du préservatif dans certains cas.

Il était considéré comme un successeur possible de Jean Paul II jusqu'à ce qu'il annonce, en 2002, qu'il souffrait de la maladie de Parkinson. A la mort du pape polonais, en 2005, c'est un conservateur, Benoît XVI, qui est monté sur le trône de Saint-Pierre.