
Le Parlement argentin a voté la nationalisation des fonds de pension, ouvrant la voie au transfert de 26 milliards de dollars d'investissements à un système unique de retraites de l'État. Un projet que le gouvernement justifie par la crise.
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Le parlement argentin a voté jeudi soir la loi de nationalisation des caisses de retraite privés, ouvrant ainsi la voie au transfert d'environ 26 milliards de dollars d'investissements à un système unique de retraites de l'Etat.
Le Sénat argentin a adopté cette loi, deux semaines après un premier vote favorable des députés argentins, par 46 voix pour, 18 contre et une abstention.
Ce projet, justifié selon le gouvernement par la crise financière internationale qui menaçait de banqueroute ces caisses de retraite, a été très mal accueilli par les marchés et durement critiqué par l'opposition.
Jeudi, la bourse de Buenos Aires a chuté de 6,58% dans le sillage des autres bourses mondiales, mais aussi en raison du vote attendu au Sénat argentin.
La réforme inquiète les milieux économiques qui craignent que les fonds de retraite ne servent à assurer les besoins de financement de l'Etat, asséchant d'autant le marché du crédit au détriment notamment des entreprises.
Les dix caisses de retraite que le gouvernement entend nationaliser appartiennent toutes à des banques qui administrent des fonds de quelque 26 milliards de dollars (20,7 milliards d'euros).
A l'inquiétude des milieux d'affaires se sont ajoutées les critiques de l'opposition, qui estime que cette nationalisation n'est rien d'autre qu'une "confiscation" de la part du gouvernement destinée à assurer ses besoins de financement.
L'Argentine doit faire face en 2009 et 2010 à des besoins de financement pour le service de sa dette extérieure de l'ordre de 40 milliards de dollars (32 milliards d'euros).
Le gouvernement a rejeté ces critiques, soulignant notamment que les caisses de retraite avaient perdu 27 milliards de pesos (8,32 milliards de dollars) entre octobre 2007 et octobre 2008, et qu'il était devenu indispensable de sauver les retraites.