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Au moins quatre soldats de la Kfor ont été blessés par une bombe artisanale dans le nord du Kosovo. Six civils serbes ont également été blessés lors de violences au poste-frontière de Jarinje.

AFP - Le nord du Kosovo, peuplé majoritairement de Serbes, a été mardi le théâtre d'une nouvelle flambée de violences, qui a fait quatre blessés, dont un grièvement, victimes d'une bombe artisanale, dans les rangs de la Force de l'Otan au Kosovo, a-t-on appris auprès de la Kfor.

Cette nouvelle éruption de violences, au cours de laquelle six Serbes ont également été blessés, s'est produite à la suite du démantèlement par la Kfor, dans la matinée, d'une barricade érigée par des Serbes à proximité du poste de Jarinje, à la frontière avec la Serbie.

Les Serbes du nord du Kosovo refusent d'admettre le contrôle depuis vendredi dernier de ce poste frontière, ainsi que celui de Brnjak, par la police kosovare et celle de la Mission européenne au Kosovo (Eulex).

Ils redoutent que cela ne les isolent de la Serbie et ne veulent en aucun cas dépendre des autorités de Pristina, qu'ils ne reconnaissent pas.

Plusieurs barricades ont été érigées ces derniers jours dans le nord du Kosovo par les Serbes.

Le démantèlement de l'une de ces barricades, mardi matin, a suscité leur colère. Quelque 1.500 manifestants ont encerclé des transporteurs de troupes de la Kfor, lançant des pierres contre les soldats de l'Otan, qui ont dû répliquer par des gaz lacrymogènes, a constaté l'AFP sur place.

A Pristina, un porte-parole de la Kfor, Kai Gudenoge, a confirmé à l'AFP qu'"un soldat allemand de la Kfor avait été touché" par un jet de pierre et que la Force de l'Otan avait été "contrainte de riposter en faisant usage de munitions non-létales".

Selon le directeur de l'hôpital de Kosovska Mitrovica, Milan Jakovljevic, cité par l'agence serbe Beta, six Serbes blessés par balles ont été hospitalisés dans son établissement.

Kosovska Mitrovica est la principale localité du nord du Kosovo, partagée au nord par la population serbe et au sud par la population albanaise.

Quelques heures plus tard, l'explosion d'une bombe artisanale a fait quatre blessés dans les rangs de la Kfor.

Selon Kai Gudenoge, l'un des soldats, grièvement atteint, a été évacué par hélicoptère.

Un calme tendu règne depuis dans le secteur.

Le nord du Kosovo avait déjà connu plusieurs semaines de très vive tension fin juillet et début août après l'initiative des autorités de Pristina de vouloir prendre le contrôle des deux postes frontaliers de Jarinje et de Brnjak.

Les autorités de Belgrade et de Pristina étaient toutefois parvenues début septembre à un accord, dans le cadre de leurs rencontres sous les auspices de l'Union européenne à Bruxelles, qui avait sensiblement fait baisser la tension.

Les violences de mardi sont intervenues précisément au moment où négociateurs serbes et kosovars se retrouvaient à Bruxelles.

Le président serbe, Boris Tadic, a lancé un appel au calme.

"Le maintien de la paix et le dialogue sont la seule manière de résoudre le problème" du Kosovo, a déclaré M. Tadic dans un communiqué.

"Les forces internationales sont là pour défendre les citoyens non armés et non pas pour les affronter", a-t-il ajouté en appelant la Kfor au "maximum" de retenue.

Mais M. Tadic a également invité les Serbes du Kosovo à la pondération. "Aucun problème ne peut être résolu par les violences et la mise en danger de vies humaines ne contribue pas à la défense de nos intérêts", a-t-il relevé.

Le responsable de l'équipe des négociateurs serbes, Borko Stefanovic, a critiqué implicitement la Kfor, redoutant l'impact des incidents de mardi sur les discussions avec le Kosovo.

"Certaines forces" sont disposées à "tirer sur des personnes non armées", a-t-il déclaré à l'agence Beta.

"Cela est fait avec pour objectif d'inciter la Serbie à abandonner le dialogue, pour l'accuser ensuite de ne pas vouloir de solutions pacifiques", a-t-il estimé, en invitant également au calme les Serbes du Kosovo.

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