
Le chef de la minorité républicaine au Sénat (photo ci-contre) a annoncé qu'un accord pour relever le plafond de la dette américaine était "très proche". Le scrutin est désormais prévu à 17 heures GMT.
REUTERS - Le Congrès américain était sur le point, dimanche, de parvenir à un accord de dernière minute pour relever le plafond de la dette et éviter à la première économie mondiale un défaut de paiement.
"Nous sommes très près", a déclaré à CNN le chef de file de minorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, qui joue un rôle clé dans ces pourparlers.
Dans le même temps, un haut responsable de la Maison blanche a mis un bémol en déclarant qu'il n'y avait toujours pas d'accord.
Soulevant l'espoir d'une issue positive aux négociations, la chaîne ABC News rapporte dimanche que les débats sur la dette américaine ont abouti à un accord de principe sur un plan cadre visant à réduire le déficit budgétaire.
La chaîne, qui cite des sources anonymes du Congrès, précise que le plafond d'endettement serait relevé jusqu'aux élections de 2012. Le plan prévoit en outre une réduction des dépenses de plus de 1.000 milliards de dollars sur 10 ans et la mise en place d'un nouveau panel de membres du Congrès, qui émettront des recommandations sur des mesures supplémentaires de réduction du déficit de plus de 1.000 milliards de dollars.
Cet accord porterait sur un montant de 3.000 milliards de dollars, a précisé Mitch McConnell, se disant confiant qu'il permettrait d'éviter aux Etats-Unis de se retrouver en situation de défaut et d'augmenter les impôts.
Il prévoit par ailleurs que cette proposition remportera le soutien d'un "pourcentage significatif" de républicains.
Le sénateur démocrate Charles Schumer a de son côté précisé que le "mécanisme d'application" des nouvelles mesures de réduction du déficit était le principal objet des débats en cours.
itIl a ajouté que le plafond d'endettement sera relevé jusqu'en 2012 mais que les démocrates continuent de s'opposer aux réductions des dépenses allouées aux programmes de la Sécurité sociale, Medicare et Medicaid.
Enfin, selon lui, les réductions de dépenses dans le secteur de la défense seront par ailleurs d'une "ampleur équivalente" aux réductions des dépenses non militaires.
Le Trésor américain, qui a atteint son plafond d'endettement en mai et a besoin du Congrès pour emprunter davantage, a prévenu qu'en cas d'absence d'accord après le 2 août, les Etats-Unis risqueraient de ne plus pouvoir remplir leurs obligations vis-à-vis de leurs créanciers.
Intervention d'Obama
Si démocrates et républicains s'accordent sur la nécessité de relever le plafond de la dette, actuellement fixé à 14.300 milliards de dollars, les discussions achoppaient jusqu'ici sur le calendrier et sur le plan de réduction des déficits qui doit accompagner le relèvement.
Après des semaines de bras de fer entre les deux camps, la Maison blanche est sortie de sa réserve samedi en recevant une délégation d'élus républicains pour tenter de débloquer la situation.
Signe d'une amélioration du climat, le chef de file des démocrates au Sénat, Harry Reid, avait annoncé le report de plusieurs heures le vote sur un plan de relèvement de la dette, afin de donner davantage de temps aux négociateurs des deux camps.
Initialement prévu dans la nuit de samedi à dimanche à 01h00 (05h00 GMT), le vote a été repoussé à 13h00 dimanche (17h00 GMT).
Samedi, un projet présenté par les démocrates n'avait pas obtenu la majorité requise lors d'un vote à la Chambre des représentants, contrôlée par les républicains.
Mais après des jours en retrait, le retour de la Maison blanche en première ligne des discussions est considéré comme un signe positif.
"Notre pays ne sera pas en défaut pour la première fois de son histoire, cela n'arrivera pas", a affirmé Mitch McConnell, se disant "confiant et optimiste" quant aux possibilités de parvenir dans les temps à un accord bipartisan.
Face à la menace d'un abaissement de la note souveraine américaine qui pèserait lourdement sur une économie fragilisée, la Maison Blanche tente également de tenir des propos rassurants.
Le conseiller économique de la Maison Blanche Gene Sperling a ainsi déclaré sur la chaîne Fox News qu'il ne "craignait pas que les Etats-Unis connaissent une nouvelle récession" et a vivement incité le Congrès à approuver un relèvement du plafond
d'endettement afin de rassurer les marchés financiers. Il a jugé que le climat d'incertitude budgétaire actuel revenait à "se tirer une balle dans le pied" car il pèse fortement sur la croissance américaine.
Les républicains tiennent à ce qu'Obama s'implique dans les discussions pour avoir la garantie qu'il n'opposera pas son veto à un possible accord négocié au Congrès.
Le chef de la Maison blanche est intervenu samedi pour la deuxième fois en deux jours afin d'exhorter les parlementaires des deux bords à conclure un accord et à repousser le spectre d'un défaut qui serait à ses yeux "impardonnable".
"Il y a maintes façons de résoudre ce problème", a dit Obama dans son allocution radio-diffusée hebdomadaire. "Le Congrès doit trouver un terrain d'entente sur un plan que les deux parties puissent approuver à la Chambre. Et il doit s'agir d'un plan que je puisse signer d'ici mardi."