Après avoir été reconnu coupable de corruption par la Fifa, l'ex-président de la Confédération asiatique de football a indiqué qu'il ferait appel de son exclusion à vie de toute activité liée au football.
AFP - Mohamed Bin Hammam, ancien président de la Confédération asiatique banni à vie de toute activité liée au football samedi par la Fédération internationale (Fifa) dans une affaire de corruption, a indiqué à l'AFP qu'il allait "faire appel" devant la Fifa.
Bin Hammam, qui s'est toujours dit innocent, s'attendait à être lourdement sanctionné, dénonçant ces jours derniers sur son blog une procédure "biaisée" et "inéquitable", et avait déjà évoqué son intention de procéder à des recours.
Il saisira donc la Fifa, avant de se tourner éventuellement vers d'autres cours de justice, sportive ou non.
Joint par l'AFP samedi soir, Bin Hammam a expliqué que la première étape pour lui consistait à faire appel devant la Fifa. Si cette voie ne suffit pas, il se tournera sans doute, comme il l'a déjà évoqué, devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), avant d'user d'autres voies comme par exemple le Tribunal fédéral suisse, comme l'avait précisé jeudi un membre de son entourage à l'AFP.
Par ailleurs, MBH qui s'était opposé au président sortant Joseph Blatter en mai pour l'élection présidentielle à la Fifa, a publié sur son blog une ancienne lettre que lui avait adressé Blatter en 2008 pour le remercier à l'époque.
Le titre de cette page sur son blog est - ironiquement - "récompense". Dans cette missive, Blatter célèbre les 10 ans de sa première élection à la tête de la Fifa en 1998, écrivant de sa main "mon cher frère" pour s'adresser à Bin Hammam. "Sans toi, cher Mohamed, rien de tout cela n'aurait jamais été possible", poursuit à l'époque Blatter. Et juste avant de signer cette lettre écrite en anglais, Blatter écrit en français cette fois "en profonde amitié".
Et en dessous de la reproduction de cette lettre, Bin Hammam commente: "C'est une simple bataille, pas la guerre...", laissant entendre que la Fifa, en le radiant, n'en est qu'au début d'un long conflit avec lui.
Bin Hammam était président de la puissante Confédération asiatique (AFC) et membre du comité exécutif de la Fifa avant cette radiation.
Samedi, il a été reconnu coupable d'achat de voix par le comité d'éthique de la Fifa et banni à vie de toute activité liée au football.
L'affaire avait éclaté fin mai, juste avant l'élection présidentielle à la Fifa où Bin Hammam était opposé à Joseph Blatter.
Bin Hammam était accusé d'avoir voulu acheter des voix lors d'une réunion de la Confédération du football caribéen début mai à Trinité et Tobago, avec des enveloppes contenant 40.000 dollars (28.000 euros).
Des photos de ces enveloppes marron ont déjà circulé sur internet, sans qu'il soit possible de les authentifier.
MBH avait alors retiré sa candidature juste avant son premier passage le 29 mai devant le comité d'éthique de la Fifa qui l'avait suspendu à titre provisoire à compter de cette date, le temps d'une enquête interne.
Blatter, seul candidat en lice, avait été réélu dans une ambiance délétère le 1er juin, le mot de corruption étant sur toutes les lèvres.