
Des échauffourées opposant la police à des centaines de manifestants ont éclaté devant le tribunal où doit être jugé l'ancien ministre de l'Intérieur Habib el-Adli (photo). Initialement prévu fin mai, son procès a été reporté au 25 juillet.
AFP - Des centaines d'Egyptiens, en majorité des membres des familles des victimes de la révolte de janvier-février, se sont heurtés dimanche à la police anti-émeutes devant le tribunal qui juge l'ancien ministre de l'Intérieur, a rapporté un correspondant de l'AFP.
Ils ont lancé des pierres contre les nombreux policiers sécurisant le tribunal, situé en banlieue du Caire, pour protester contre "la lenteur" du procès de Habib el-Adli, accusé d'être responsable de la mort de manifestants pendant le soulèvement populaire qui a renversé le président Hosni Moubarak.
Le procès a été ajourné au 25 juillet en attendant une décision de la Cour d'appel, qui doit se prononcer sur la plainte d'un avocat réclamant que le procès se déroule devant d'autres juges.
Le mois dernier, l'audience avait dû être reportée après des heurts entre avocats, familles des victimes et forces de l'ordre.
Habib el-Adli, qui fut l'un des hommes les plus puissants mais aussi les plus détestés d'Egypte, et six de ses collaborateurs sont accusés d'avoir ordonné de tirer sur des manifestants durant le soulèvement contre le régime de Hosni Moubarak.
Selon un bilan officiel, 846 personnes ont été tuées et des milliers blessées pendant la révolte.
Début mai, M. el-Adli a été condamné à 12 ans de prison pour malversations financières, devenant le premier responsable de l'ancien régime à écoper d'une peine de prison ferme.