
Les combats s’intensifient dans la ville portuaire de Ras Lanouf. Jeudi, comme nos reporters ont pu le constater, les forces loyalistes ont bombardé les positions des insurgés, également pris par surprise par des tireurs embusqués...
"Ils sont lâches, je vous le promets, ce sont des lâches ! On va gagner, on va gagner !" Malgré les appels à resserrer les rangs, la confusion règne jeudi parmi les rebelles libyens. À la sortie de la ville de Ras Lanouf, base la plus avancée des insurgés à l'Est, les forces loyalistes sont visées. Tirs d’artillerie, frappes aériennes... Les insurgés ne sont plus seuls dans les rues de ce port pétrolier stratégique, situé à plus de 500 km de Tripoli.
Certains insurgés signalent la présence de tireurs embusqués et de snipers pro-Kadhafi qui seraient cachés dans des immeubles. Un homme, qui tente de se mettre à l'abri des balles, affirme qu’un insurgé "a la tête toute éclatée", il a été touché par "un obus de roquette". "Ils utilisent des roquettes longue portée et des avions, la ville se vide de plus en plus...", constate un autre combattant.
L’hôpital de la ville est à son tour pris pour cible ; les ambulances quittent les lieux. Une partie des insurgés, en déroute, fait de même. "Ceux qui ont des armes et des munitions, venez les mettre dans le camion, on recule. Ils vont rentrer dans la ville !" crie un homme dans un haut-parleur.
"Nous ne sommes en sécurité nulle part à Ras Lanouf", constate un ambulancier. Selon une source hospitalière, au moins quatre personnes ont été tuées dans la journée, et 35 blessées. Contraints de fuir, les insurgés de Ras Lanouf affirment pourtant qu'ils reviendront.
De son côté, Seïf al-Islam, l'un des fils de Mouammar Kadhafi, a affirmé jeudi soir que les forces loyales au régime allaient lancer une offensive de grande ampleur pour regagner du terrain sur les insurgés. "La victoire est en vue", a-t-il affirmé devant ses partisans.