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La Fashion Week berlinoise entre inquiétude et optimisme

correspondante à Berlin – Berlin tente d'oublier la crise en célébrant ses plus talentueux créateurs. Vingt-cinq couturiers allemands et étrangers vont présenter jusqu'au 1er février leurs collections automne-hiver lors de la semaine de la mode berlinoise.

Le coup d'envoi a été donné mercredi soir par Boss Black, qui avait choisi le jardin botanique pour présenter ses modèles. Suivront d'autres créateurs comme Joop !, Michalsky, ou encore Kaviar Gauche et Sisi Wasabi.


La semaine berlinoise de la mode commence alors que la Fashion Week parisienne touche à sa fin. Une façon de s'inscrire dans le calendrier international des grands rendez-vous de la mode. Berlin a de grandes ambitions et souhaite occuper à long terme une place prépondérante dans le monde de la création. En plus de la Fashion Week, la ville accueille actuellement le salon Premium, le rendez-vous allemand bi-annuel de la mode urbaine, où plus de 800 marques présentent leurs créations. “Berlin c'est l'endroit où il faut être, explique Anita Tillmann, la fondatrice de Premium. La capitale allemande est en plein développement et elle attire des gens créatifs qui n'ont qu'une seule envie : déployer leur énergie créatrice et se sentir libre.”

Mais l'ombre de la crise plane. La chaîne de magasins Karstadt a décidé de ne plus parrainer les “News Generation Award". Une récompense remise pendant la Fashion Week et qui permettait à un jeune premier de la mode allemande de créer une collection complète au frais de l'enseigne. “Dans le cadre de notre programme d'économies nous avons dû renoncer à ce sponsoring", a annoncé Michael Scheibe, le porte-parole de Karstadt. Pour Anita Tillmann, le pire est à venir : "Pour le moment, on ne ressent pas encore la fameuse crise. Mais le secteur de la mode est en plein chamboulement depuis 2001 et de nombreuses marques ont dû mettre la clé sous la porte. Je pense que les effets de la crise actuelle renforceront cette tendance dans les mois qui viennent."

Mais la capitale reste optimiste. "Berlin est pauvre, mais sexy", le slogan imaginé il y a quelques années par le maire de la ville, Klaus Wowereit, est plus que jamais d'actualité. Avec son taux de chômage important et son économie à la traîne depuis la réunification, Berlin offre de nombreux avantages matériels aux jeunes créatifs. Les couturiers installés dans la capitale profitent de loyers au prix imbattable et de sites de production bon marché à proximité. Avec les années, Berlin a donc pris l'habitude des temps durs. Pour Elke Giese, de l'Institut allemand de la mode, c'est ce qui fait aujourd'hui sa force : “Berlin incarne l'avenir de la mode, une mode plus urbaine, plus réaliste. Les tendances présentées ici offre une nouvelle perspective, car elles se sont adaptées aux changements socio-économiques".

La créativité berlinoise surmontera-t-elle les effets redoutés de la crise en 2009 ? Les organisateurs de la Fashion Week promettent en tout cas plus de défilés au printemps. Un optimisme qu'est venue renforcer une autre annonce ce mercredi : après deux ans de présence en Espagne, le salon du prêt-à-porter Bread & Butter a décidé de revenir à Berlin au mois de juin et a choisi l'ancien aéroport de Tempelhof pour présenter ses marques exclusives. Plus de 80 000 personnes sont attendues pour l'événement.