George Mitchell, émissaire de Barack Obama au Proche-Orient, a déclaré qu'il était "crucial" de consolider la trêve entre Israël et le Hamas, encore fragilisée par des raids aériens israéliens qui ripostaient à un attentat commis mardi.
Reuters - George Mitchell, émissaire de Barack Obama au Proche-Orient, a estimé mercredi d'"une importance cruciale" de consolider la trêve intervenue il y a 11 jours à Gaza entre Israël et le Hamas, mais mise à rude épreuve ces dernières 24 heures.
Quelques heures avant son arrivée à Jérusalem, l'aviation israélienne a bombardé des tunnels de contrebande passant sous la frontière égypto-gazaouie, en riposte à la mort d'un soldat la veille dans l'explosion d'une bombe du côté israélien de la clôture isolant le territoire palestinien .
Le Premier ministre israélien sortant, Ehud Olmert, que George Mitchell a rencontré dès son arrivée à Jérusalem, a prévenu qu'il ne s'agissait que d'une première riposte et annoncé des représailles plus sévères à l'attentat, revendiqué par un groupe islamiste peu connu, Taouid wa Djihad.
Invoquant des "incidents de sécurité dans le Sud", le ministre israélien de la Défense, le travailliste Ehud Barak, a annulé une visite prévue aux Etats-Unis, où il était prévu qu'il rencontre jeudi le chef du Pentagone, Robert Gates.
Avant de rejoindre Israël, George Mitchell avait été reçu au Caire par le président Hosni Moubarak, dont il a déclaré soutenir les efforts pour que le cessez-le-feu, intervenu le 18 janvier après 22 jours d'offensive israélienne contre le Hamas, soit "étendu et consolidé".
Après sa rencontre avec Ehud Olmert, il a précisé qu'une trêve à long terme devait prévoir l'arrêt des infiltrations d'armes à Gaza ainsi que la réouverture des points de passage frontaliers du territoire sous l'égide de l'Autorité autonome du président Mahmoud Abbas, comme prévu par un accord datant de 2005.
Extension des colonies
"Les Etats-Unis sont résolus à rechercher énergiquement une paix durable et la stabilité dans la région", a déclaré l'ancien sénateur, chargé par le nouveau président américain de relancer "avec vigueur et constance" un processus de pourparlers entre Israéliens et Palestiniens à l'agonie.
"Je pense que je vais revenir dans la région dans un avenir très proche afin de poursuivre cette mission", a ajouté l'artisan des accords de paix de 1998 en Irlande du Nord, qui doit rencontrer jeudi en Cisjordanie Mahmoud Abbas, dont les forces avaient été chassées de Gaza par le Hamas en juin 2007.
Affaibli politiquement par l'offensive israélienne à Gaza, le chef de l'Autorité autonome a estimé mardi qu'"Israël ne voulait pas la paix sinon il n'aurait pas fait cela". Il a dit avoir l'intention de le faire savoir sans détour "à ceux qui viennent d'Europe et d'Amérique".
Tzipi Livni, chef de la diplomatie israélienne, qui brigue la succession d'Ehud Olmert, a souligné de son côté l'importance de "sceller un traité de paix avec un gouvernement palestinien légitime affichant l'objectif de deux Etats-nations".
Ce n'est pas le cas du Hamas, qui est considéré comme un mouvement terroriste par les Occidentaux et dont George Mitchell n'a pas l'intention de rencontrer des dirigeants durant sa tournée initiale "d'écoute", qui l'emmenera ensuite en Jordanie, en Arabie saoudite, à Paris et à Londres.
L'ancien sénateur, dont la mère était d'origine libanaise, avait été sous la présidence de Bill Clinton, il y a huit ans, l'auteur d'un rapport sur les moyens de calmer les violences entre Israël et les Palestiniens recommandant notamment l'arrêt des activités de colonisation juive.
A l'occasion de sa venue, le mouvement pacifiste israélien La Paix maintenant a publié un rapport faisant état au contraire d'une accélération de la colonisation l'an dernier avec plus de 1.250 nouvelles "structures" en Cisjordanie, soit une hausse de 57% par rapport à 2007.
Israël invoque une "extension démographique naturelle" pour justifier cette activité bannie par la "feuille de route" du "quartet" des médiateurs internationaux - dont les Etats-Unis - acceptée en 2003 par les deux camps et que le négociateur palestinien Saëb Erekat a adjuré l'administration Obama de faire respecter.