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Affaire Bettencourt : le Parquet affirme avoir alerté le fisc sur une possible fraude

Début 2009, le parquet de Nanterre a informé l'administration fiscale d'éventuelles fraudes de la milliardaire Liliane Bettencourt. Éric Woerth rétorque qu'il avait demandé un contrôle fiscal de son ami, François-Marie Banier.

AFP - Le ministre du Travail, Eric Woerth, a annoncé vendredi avoir autorisé en 2009, lorsqu'il était ministre du Budget, le lancement d'un contrôle fiscal de l'artiste François-Marie Banier, jugé la semaine prochaine pour abus de faiblesse de Liliane Bettencourt.

"Eric Woerth, ministre du Travail, de la Solidarité et de la Fonction publique, souligne que c'est sous son autorité qu'a été lancé un contrôle fiscal sur Monsieur Banier", selon un communiqué du ministère.

Un porte-parole du ministère a précisé à l'AFP que ce "contrôle extrêmement approfondi sur Banier" avait été lancé "courant 2009" quand M. Woerth "était ministre du Budget" (jusqu'en mars 2010, Ndlr).

Plus tôt vendredi, le parquet de Nanterre avait annoncé avoir alerté le fisc en janvier 2009 à propos d'éventuelles fraudes dans le dossier Bettencourt.

"L'administration fiscale avait été prévenue le 9 janvier 2009 du fait que ce dossier était susceptible de mettre en évidence des éléments de fraude fiscale", a dit à l'AFP le procureur de la République de Nanterre, Philippe Courroye.

"Eric Woerth souhaite par ailleurs que des tiers extérieurs (Président et Rapporteur général de la Commission des finances de l'Assemblée nationale ou Cour des comptes ou Inspection générale des finances) puissent s'assurer par eux-mêmes qu'il n'a donné aucune instruction à l'administration fiscale de quelque nature que ce soit pour ne pas réaliser d'opérations de contrôle fiscal dans le dossier Bettencourt", selon le communiqué du ministère du Travail.

M. Banier figure sur une liste d'évadés fiscaux obtenue en 2008 par Bercy et son dossier a été "épluché" par le fisc, affirmait jeudi le journal satirique en ligne Bakchich.

M. Banier, accusé d'abus de faiblesse de Mme Bettencourt, doit comparaître du 1er au 6 juillet devant le tribunal correctionnel de Nanterre et devra s'expliquer sur les centaines de millions d'euros de dons que lui a consentis l'héritière de L'Oréal dans les années 1990 et 2000.

Mais l'affaire a rebondi mi-juin avec la découverte d'enregistrements pirates de conversations entre Mme Bettencourt et son entourage, réalisés entre mai 2009 et mai 2010 par son ancien maître d'hôtel.

Révélées par Mediapart et par Le Point, ces écoutes clandestines mettent au jour des opérations financières destinées à échapper au fisc, mais aussi des immixtions de l'Elysée dans la procédure judiciaire et des liens troubles entre la milliardaire et le couple Woerth. L'épouse du ministre, Florence Woerth, est salariée depuis 2007 de la société Clymène, qui gère la fortune de la milliardaire. Elle a annoncé qu'elle allait en démissionner.