Alors qu'une nouvelle journée de mobilisation se déroule en France mardi 13 octobre, des images de pancartes générées par l'intelligence artificielle, mettant en cause la crédibilité des jeunes manifestants, circulent massivement.
Les lycéens et les étudiants se mobilisent à nouveau pour "l'acte V" du mouvement social ce mardi 13 octobre. Depuis le début des blocages d'établissements, le 17 septembre, les photos de pancartes affluent au sein des cortèges pour illustrer les revendications des manifestants.
Certaines font l'objet de polémique, des réseaux sociaux jusqu'au sein de l'exécutif français, notamment après la diffusion d'un slogan jugé "injurieux" à propos d'Emmanuel Macron et son épouse.
Un autre élément présent sur les pancartes a suscité de vives réactions dans la presse et sur les réseaux sociaux : les fautes d'orthographe. Sur CNews, la chroniqueuse Gabrielle Cluzel s'est emparée du sujet : "Les fautes d'orthographes résument tout l'échec de l'Éducation nationale de ces 50 dernières années", un mois après la publication du classement Pisa qui a fait état d'une baisse générale du niveau des élèves français en 2025.
Des fautes d'orthographe à cause du déclin scolaire ?
Mais qu'en est-il vraiment ? Si sur certaines images authentiques des fautes d'orthographe peuvent être observées, des photos générées par intelligence artificielle mettent en scène des manifestants en train de brandir des pancartes remplies de fautes d'orthographes.
On y voit une jeune fille tenant un bout de carton où est écrit "On veux juste étudié, mais on ait pas écouter" (sic). La photo a fait plus de 100 000 vues sur la plateforme X et a été publiée par le compte "La France et ses trésors", comptabilisant plus de 700 000 abonnés sur Facebook . Elle est arrivée jusque sur les comptes d'élus, comme Jean-Louis Masson, conseiller régional du Grand-Est (RN) qui ajoute "Elle a raison… elle a vraiment besoin d'étudier".
Mais le passage de cette image dans SynthID, un outil de détection d'image générées par intelligence artificielle, révèle que ce contenu a été créé par Open AI, l'éditeur de Chat GPT.
D'autres images ont circulé avec des viralités moindres. Par exemple cette photo, relayée notamment par Isabelle Balkany, ancienne élue locale, qui précise que l'image est générée par l'IA - ce qui n'empêche pas certaines réactions dans les commentaires ignorant la fausseté de l'image.
Grâce à une recherche d'images inversée (voir ici comment procéder), on peut retrouver cette image sur d'autres comptes, qui publient également d'autres photos de pancartes générées par IA, sans cette fois le préciser.
C'est par exemple le cas de cette pancarte brandie par une étudiante aux cheveux teints.
