En changeant de continent, les pilotes doivent bousculer leurs habitudes et s’adapter aux spécialités sud-américaines. Temps fort de cette édition du Dakar : les passages en altitude dans la mythique Cordillère des Andes.
"Ils ont passé une semaine de stage intensif dans le Jura, où ils ont passé leurs nuits dans des caissons atmosphériques afin de s’habituer au manque d’oxygène." Dominique Serieys, directeur général et sportif du Team Repsol-Mitsubishi, a réservé à ses pilotes, parmi lesquelles figurent Stéphane Peterhansel (vainqueur en 2007), l’ancien skieur alpin Luc Alphand (deuxième), une préparation spécifique au tracé sud-américain.
Des moteurs moins performants
Après les pistes rocailleuses, les dunes et les "rios" argentins, les concurrents auront en vue la Cordillère des Andes dès la sixième étape. Le tracé de la septième, entre Mendoza et Valparaiso, prévoit des passages à plus de 3 000 mètres d’altitude. Ce qui risque de perturber les hommes, mais aussi les machines.
"En altitude, la préparation des nouveaux modèles, les Racing Lancer, a donné pleine satisfaction. On a pu tester nos moteurs en altitude au Maroc et à Grenade pour mesurer les différences d’oxygène et ils ont bien réagi", explique le vainqueur auto du Dakar 1993 aux côtés de Bruno Saby.
Autre inconnue : la température et son impact sur les moteurs. "Là-bas, c’est l’été austral. Il fait 32°C à Buenos Aires, et dans le désert il faut compter sur des températures oscillant entre 40°C et 45°C. La raréfaction de l’air et les hautes températures diminueront forcément les performances des moteurs."
Des "pros" dans les Andes
Côté moto, Franck Helbert, directeur de l’équipe HFP-Yamaha qui est parvenue à placer deux de ses pilotes dans les dix premiers lors de l’édition 2007, relativise les spécificités du tracé sud-américain par rapport aux parcours africains : "Il n’y a pas eu de gros changements dans la préparation des pilotes. Le Dakar reste une course quasiment identique à celles que l’on dispute habituellement."
Franck Helbert reconnaît qu’il y aura "des différences de températures et surtout d’altitude, ce qui est la grosse inconnue de la course" mais rappelle que "ce ne sont que des passages en altitude".
La course sera longue avant et après les Andes. Et le directeur de HFP-Yamaha a pleinement confiance en ses hommes. "C’est vrai qu’ils peuvent toujours avoir des problèmes de respiration. Mais les pilotes de l’équipe sont quasiment tous des professionnels."
Rendez-vous le 9 janvier, jour de la septième étape, pour voir les "pros" en action dans la Cordillère. Sans aucun doute l’une des scènes les plus exotiques de cette cuvée 2009.