
Les dirigeants d'Amérique latine et des Caraïbes vont créer une organisation régionale qui ne comprendra ni les États-Unis ni le Canada pour faire contrepoids à l'Organisation des États américains, où l'influence de Washington est jugée trop forte.
AFP - Les chefs d'Etat et de gouvernement d'Amérique latine et des Caraïbes, réunis en sommet à Cancun, au Mexique, ont décidé mardi la création d'un nouveau bloc régional dont les Etats-Unis et le Canada ne feront pas partie, a annoncé le président mexicain Felipe Calderon.
La nouvelle organisation devrait constituer une alternative à l'Organisation des Etats américains (OEA), longtemps dominée par Washington et encore basée dans la capitale des Etats-Unis.
La nouvelle organisation "devra stimuler en priorité l'intégration régionale en considérant la mise en valeur de notre développement durable, faire valoir les projets de la région dans les rendez-vous internationaux et renforcer (notre) position face aux évènements mondiaux d'importance", a déclaré M. Calderon lisant la déclaration finale de ce sommet qui réunissait 32 pays, dont 24 représentés au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement.
Cette nouvelle initiative "est d'importance historique", a déclaré au sommet le président cubain Raul Castro.
"Cuba considère que les conditions sont remplies pour avancer rapidement vers la constitution d'une organisation régionale purement latino-américaine et caraïbe", a-t-il ajouté.
M. Calderon, qui dirige la deuxième économie d'Amérique latine après le Brésil, avait appelé le sommet, dès son ouverture lundi, à approuver la création d'un tel bloc régional qui garantirait "la participation effective de la région à l'économie et aux décisions mondiales", et défendrait la démocratie.
Le président vénézuélien Hugo Chavez, chef de file de la gauche radicale latino-américaine, a renchéri en affirmant qu'il s'agit de "se défaire définitivement de la domination des Etats-Unis sur le continent".