Christa Pike devait être exécutée par injection létale mercredi dans l'État du Tennessee, mais la cour d'appel a suspendu in extremis sa condamnation à mort, afin d'examiner la recevabilité d'un recours produit par la défense. Christa Pike avait été condamnée à la peine capitale en 1996, pour le meurtre de sa camarade Colleen Slemmer.
Elle devait être la première femme mise à mort dans l'État du Tennessee depuis plus de 200 ans. Une cour d'appel fédérale a finalement suspendu sa condamnation in extremis, mercredi 30 septembre, une heure à peine avant l'exécution.
La cour d'appel ne précise pas la durée du sursis accordé à Christa Pike, mais prévoit de considérer la recevabilité d'un recours de la défense, visant à prendre en considération les violences sexuelles subies dans son enfance par Christa Pike, 50 ans.
L'exécution par injection létale, prévue à 10 h heure locale (15 h GMT) à Nashville, aurait été la 30e depuis le début de l'année aux États-Unis, dont 16 pour la seule Floride (sud-est). Toutes ont été réalisées par cette même méthode.
Une femme exécutée, un fait rare aux États-Unis
Au total, 18 femmes ont été exécutées aux États-Unis depuis le rétablissement de la peine capitale en 1976, sur 1 683 exécutions, selon l'observatoire spécialisé Death Penalty Information Center (DPIC).
Le gouverneur républicain du Tennessee (sud), Bill Lee, a rejeté lundi les demandes de commutation de peine de Christa Pike malgré les appels de nombreuses organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International, et la Cour suprême des États-Unis a rejeté mardi son ultime demande de sursis.
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Accepter Gérer mes choixChrista Pike a été condamnée à la peine de mort pour le meurtre en 1995 de Colleen Slemmer, 19 ans, une de ses camarades dans le programme de formation professionnelle Job Corps, à Knoxville, alors qu'elle-même était âgée de 18 ans, dans une affaire de rivalité amoureuse.
La défense invoque des "circonstances atténuantes"
Les avocats de Christa Pike ont tenté en vain de faire valoir que sa défense lors de son procès en 1996 n'avait pas invoqué les "circonstances atténuantes" qui auraient dû lui bénéficier, en particulier les traumatismes et les violences, en particulier sexuelles, subies depuis son plus jeune âge.
Elle a été diagnostiquée tardivement de trouble bipolaire et de stress post-traumatique provoqué par les violences subies pendant son enfance.
Début septembre, des experts mandatés par l'ONU ont appelé à suspendre et à commuer la peine de Christa Pike qui serait le "paroxysme d'une existence de grave souffrance physique et psychologique marquées par des violences dans l'enfance et près de trois décennies de détention à l'isolement dans le couloir de la mort".
Les États continuant à appliquer la peine capitale doivent "respecter strictement les garanties du droit international", ont affirmé ces experts, citant le plein respect des droits de la défense, "la prise en compte individualisée de toutes les circonstances atténuantes, y compris le passé de traumatismes et de violences, et une véritable opportunité de demander une grâce ou une commutation de peine".
Au total, 47 exécutions ont eu lieu aux Etats-Unis en 2025, contre une vingtaine par an depuis une décennie, soit le plus haut niveau depuis les 52 enregistrées en 2009.
