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"C’est un vaste chantier" : après le vol de deux Renoir, le défi de la sécurité des musées français

Le cambriolage du musée Renoir de Cagnes-sur-Mer survenu mardi vient allonger la liste des vols d’œuvres d’art commis ces dernières années en France. Un phénomène qui met en lumière la vulnérabilité des collections et relance le débat sur les moyens consacrés à la sécurité des musées et à la lutte contre le trafic de biens culturels.

Un policier se tient près d'un trou percé par les voleurs dans la clôture extérieure du musée Renoir après le vol de quatre tableaux, d'une valeur totale de neuf millions d'euros, lors d'un cambriolage tôt le matin à Cagnes-sur-Mer le 8 septembre 2026. © Valery Hache, AFP

Alors que deux voleurs se sont introduits, mardi 8 septembre à l'aube, dans le musée Renoir de Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes) où ils ont dérobé quatre tableaux – dont deux ont été retrouvés peu après dans le jardin du musée –, resurgit la question de la sécurisation des musées français.

"Madame Colonna Romano" et "La jeune fille au puits", deux œuvres du célèbre peintre impressionniste, sont aujourd'hui dans la nature. Un butin estimé à neuf millions d'euros, et une inquiétude toujours plus vive, près d'un an après le spectaculaire casse du Louvre. Huit joyaux de la Couronne avaient alors été dérobés dans la galerie d'Apollon, suscitant un tollé international.

Que ce soit pour le cambriolage du Louvre ou celui du musée Renoir, "Ça se prépare en amont : il faut faire des repérages, savoir où, quand, comment intervenir, et sur ce que vont devenir les tableaux", réagit Luc Larriba, journaliste et auteur du roman graphique "Trafic d'œuvres d'art : une enquête au cœur de L'OCBC" (Éditions de la Martinière).

"Une œuvre d'art, c'est inestimable, c'est une monnaie d'échange et c'est traçable, c'est remarquable, surtout des tableaux de Renoir. On ne va pas pouvoir les vendre comme ça, à n'importe qui", poursuit-il, insistant sur l'importance de traquer les receleurs bien plus que les voleurs.

"À partir du moment où ils passent d'une main à une main, ces tableaux-là prennent de plus en plus de valeur. Et plus il y aura de receleurs, plus c'est important pour dissimuler l'œuvre."

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"C’est un vaste chantier" : après le vol de deux Renoir, le défi de la sécurité des musées français
Image de couverture : © France 24

"Un vaste chantier politique et économique"

Le trafic d'œuvres d'art est une criminalité organisée, comme il en existe pour le trafic de drogue, ou pour le trafic d'armes. Cela donne lieu à une enquête de police judiciaire : il va y avoir des suivis d'écoutes, des perquisitions, une veille sur les différents réseaux internet, auprès des foires, auprès d'antiquaires... Et il y aura une enquête autour des voleurs, et des receleurs.

"À la différence des bijoux du Louvre, on ne peut pas se servir du matériel pour en faire autre chose, comme pour l'or. Mais transporter un tableau, c'est aussi simple que transporter une trousse de toilette à l'aéroport", poursuit-il.

Reste une question cruciale : comment renforcer la sécurité dans les musées et décourager les cambrioleurs ?

Le vol au musée Renoir révèle "de manière brutale la vulnérabilité des musées" et "je rappelle l'urgence d'instaurer une culture renforcée de la sûreté" dans ces établissements, a écrit mardi sur le réseau social X la ministre de la Culture, Catherine Pégard.

Fin juillet, un collier en or appartenant au Trésor de Vix, datant de l'époque celte, a été dérobé en pleine matinée dans un musée de Châtillon-sur-Seine (Côte-d'Or), déjà visé par deux précédentes tentatives de cambriolage.

Début juillet, au nord de Strasbourg, des voleurs ont également mis la main sur des pièces de joaillerie au musée Lalique de Wingen-sur-Moder. Le préjudice est estimé à plus de 4,5 millions d'euros.

"C'est un vaste chantier, qui n'est pas que du ressort de la police judiciaire, mais qui est politique et économique", affirme Luc Larriba. "Il faut des moyens pour préserver l'Office central de lutte contre le trafic des biens culturels (OCBC) qui fait un travail de répression, d'enquête, mais aussi de prévention."